ESPAGNE

Les députés espagnols votent l'abdication du roi Juan Carlos

Un groupe parlementaire brandit des pancartes «Référendum maintenant» lors du débat parlementaire sur le projet de loi permettant l'abdication du roi Juan Carlos à Madrid, le 11 juin 2014.
Un groupe parlementaire brandit des pancartes «Référendum maintenant» lors du débat parlementaire sur le projet de loi permettant l'abdication du roi Juan Carlos à Madrid, le 11 juin 2014. REUTERS/Andrea Comas

Les députés espagnols ont voté massivement en faveur de l'abdication du roi Juan Carlos. Plusieurs petits partis ont tout de même voté contre, réclamant un référendum sur l'avenir de la monarchie. Ce vote doit être confirmé par un vote du Sénat. Et si le scénario se déroule comme prévu, le futur roi Felipe VI prêtera serment le 19 juin.

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On n'avait jamais rencontré pareille situation en Espagne. Les autorités ont dû improviser depuis l'abdication du roi, le 2 juin. La Chambre des députés votait ce mardi 11 juin 2014 une loi permettant l’abdication du roi Juan Carlos : 299 voix pour, 19 contre et 23 abstentions. Et Felipe, son fils, était présent lors du vote. Le Sénat doit encore approuver cette loi. Felipe accompagnera ensuite son père dans toutes les cérémonies jusqu'au 19 juin, date de l'inédite passation de pouvoir, explique notre correspondant à Madrid, François Musseau.

Quid de l'ex-roi ?

Les autorités ont dû improviser en mettant en place une loi spécifique pour cette abdication. On ne sait pas non plus ce que deviendra Juan Carlos après la passation d pouvoir. Il n'existe pas de statut d'ex-roi. Jusqu'ici le monarque bénéficiait d'une immunité judiciaire. Qu'en sera-t-il pour le futur ex-roi d'Espagne ? Le gouvernement cherche un moyen de prolonger cette protection, malgré les critiques d'une partie du monde judiciaire. Le ministère de la Justice dit préparer un « habit sur mesure » qui le protègerait de nouveau à partir de 2015.

Un référendum pour la forme

Des manifestations ont eu lieu le week-end dernier, et mardi 10 juin, pour réclamer un référendum. Cela montre un fort sentiment républicain en Espagne : 35% des Espagnols selon un récent sondage d'El Pais voudraient le rétablissement de la République, avortée par Franco en 1936. Et deux Espagnols sur trois souhaiteraient un référendum, ce qui ne signifie pas que les Républicains gagneraient. Ce serait d'ailleurs plutôt les monarchistes pro-Felipe qui auraient le dessus. Mais ce que souhaite une majorité d'Espagnols, c'est avoir la liberté de choisir. Il y a 40 ans, c'est Franco, peu avant sa mort, qui avait imposé Juan Carlos sans consulter personne. Une majorité veut bien d'un Bourbon mais en passant par les urnes, une hypothèse quasi impossible.

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