Accéder au contenu principal
RUSSIE / UKRAINE

Ukraine: les vannes du gaz russe sont fermées

Un employé de la compagnie gazière ukrainienne, près de Striy, dans l'ouest du pays. Faute de paiement, la société ne recevra plus de gaz de la part du géant russe Gazprom.
Un employé de la compagnie gazière ukrainienne, près de Striy, dans l'ouest du pays. Faute de paiement, la société ne recevra plus de gaz de la part du géant russe Gazprom. REUTERS/Gleb Garanich/Files
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Moscou a mis sa menace à exécution : le géant russe Gazprom est passé ce lundi à un système de prépaiement pour la livraison de gaz à l’Ukraine. En d’autres termes, cela revient à couper l’alimentation du pays, au regard de la facture de 4,5 milliards de dollars qui n’a toujours pas été payée par Kiev. Un ministre ukrainien confirme d'ailleurs que la Russie a « réduit à zéro » ses livraisons. L’Union européenne pourrait aussi en faire les frais.

Publicité

Avec notre correspondant en Ukraine, Sébastien Gobert

Il semblerait bien que la guerre du gaz ait commencé. Les pourparlers de ces derniers jours étaient présentés comme les négociations de la dernière chance et aucun compromis ne s’est dégagé sur le prix des importations de gaz de la Russie vers l’Ukraine. Le géant gazier Gazprom a donc décidé de ne fournir à Kiev que les volumes payés d’avance. Autrement dit, il ferme les vannes. Car la dette ukrainienne dans le domaine est déjà abyssale.

Kiev est aux abois économiquement et a demandé un tarif basé sur les cours mondiaux au lieu du prix jugé exorbitant en cours à l’heure actuelle. De plus, les autorités ukrainiennes ont confirmé qu’elles ne paieraient pas une partie de la dette.

La Cour internationale d'arbitrage saisie

La fermeture des vannes, si cela se confirme, devrait être supportable pour l’Ukraine. Elle a entreposé suffisamment de gaz en sous-sol pour les trois mois à venir et peut recevoir du gaz en provenance de certains pays européens. Le gouvernement ukrainien entend porter l’affaire devant la Cour internationale d’arbitrage de Stockholm, mais le géant Gazprom a pris les devants en annonçant ce lundi avoir saisi l’institution judiciaire, afin de réclamer le paiement de ses précédentes livraisons. Le groupe gazier ukrainien Naftogaz a emboîté le pas avec sa propre saisine, pour le versement indu de 4,4 milliards d’euros au géant russe, un paiement jugé « excessif » en 2010.

Reste à savoir combien de temps l’Ukraine peut résister en tant que pays de transit de gaz, tout en continuant à bénéficier du soutien des Européens parce que eux verront d’un très mauvais œil toute rupture de leurs approvisionnements. D’ailleurs, Gazprom a annoncé avoir averti la Commission européenne de « possibles perturbations » de son approvisionnement si l'Ukraine prélevait du gaz sur les volumes en transit. Des difficultés que Bruxelles semble prendre au sérieux, le commissaire européen à l’Energie évoquant des risques de pénuries pour l’hiver à venir. Près de 15% du gaz consommé par les pays de l’UE passe actuellement par l’Ukraine.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.