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Ukraine

Ukraine: la paix en 14 points du président Porochenko

Le président ukrainien Petro Porochenko, à Kiev, le 26 mai 2014.
Le président ukrainien Petro Porochenko, à Kiev, le 26 mai 2014. REUTERS/David Mdzinarishvili
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Annoncé depuis deux jours, Petro Porochenko a finalement présenté ce vendredi un plan de paix en 14 mesures pour mettre fin à l'insurrection prorusse dans l'est de l'Ukraine. Le président ukrainien a informé par téléphone Vladimir Poutine de son contenu, espérant un soutien actif de son homologue russe. Mais à Moscou, la classe politique est sceptique.

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Le but affiché du plan de paix du président ukrainien Petro Porochenko : un règlement pacifique de la situation dans les régions de l'est de l'Ukraine. Pour cela, le document contient des volets politiques, économiques et sécuritaires.

Il s'agit, en premier lieu, de garantir la sécurité des participants aux négociations de paix. Concrètement, le plan prévoit l'amnistie pour ceux qui ont déposé les armes et n'ont pas commis de crime grave, ainsi que la libération des otages et la création d'une zone tampon de 10 kilomètres à la frontière entre l'Ukraine et la Russie.

Sans donner plus de précisions concernant sa mise en pratique, le plan du président Porochenko évoque également « le désarmement » et la fin de « l'occupation illégale » des bâtiments de l'administration régionale de Donetsk et de Lougansk, contrôlés par les rebelles. Il prévoit la garantie d'un couloir pour les mercenaires russes et ukrainiens qui souhaitent partir, ainsi que la mise en place d'unités placées sous le contrôle du ministère de l'Intérieur pour des patrouilles conjointes avec les séparatistes.

Il est question également de la décentralisation du pouvoir, avec l'organisation rapide d'élections législatives locales, et d'un programme pour la création d'emplois dans la région. Le plan élaboré par le président ukrainien propose enfin la « protection de la langue russe » par le biais d'amendements à la Constitution.

Entre Kiev et Moscou, les ponts ne sont pas coupés

Vladimir Poutine a eu la primeur du plan de paix proposé par Petro Porochenko au cours d'une conversation que les deux hommes ont eu tard hier soir. D'après les médias ukrainiens, le fait que Poutine n'a pas rejeté le plan signifie son approbation. Les discussions se sont poursuivies aujourd'hui entre le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov et son nouvel homologue ukrainien, Pavel Klimkin. « S'il s'agit d'un cessez-le-feu total, grâce auquel les autorités vont inviter les représentants du sud-est de l'Ukraine pour dialoguer, alors ce serait un premier pas espéré par tous, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Mais s’il est temporaire et que ceux qui déposent les armes se retrouvent en prison, ou que les populations désignées comme des séparatistes sont obligées de quitter l'Ukraine, alors ça se rapproche du nettoyage ethnique. » Le chef de la diplomatie russe a également mis en garde contre une possible imposition de la loi martiale dans ces régions, puisque le Parlement ukrainien doit en débattre aujourd’hui. A Moscou certaines analystes trouvent le plan Porochenko insuffisant, car il ne propose pas de fédéralisation. D'autres estiment que son imprécision permet de laisser plus de place au dialogue.

Le président de la commission des Affaires étrangères à la Douma parle quant à lui d'un écran de fumée lancée par Porochenko pour faire croire qu'il est de bonne volonté, alors qu'il continue à faire tuer son peuple. La justice russe vient d'ailleurs de lancer des poursuites contre le ministre ukrainien de l'Intérieur pour « meurtre intentionnel de civils ». Et à Donetsk comme à Lougansk, il n'est pas question de déposer les armes. Dans les deux républiques autoproclamées, on affirme que l'armée ukrainienne a envoyé des renforts au cours des dernières 24 heures.

Le président Poutine s'est également entretenu avec les membres du Conseil de sécurité pour défendre un projet de résolution qui vise, d'après Moscou, à résoudre la crise humanitaire. Moscou, qui n'hésite pas à parler de génocide, affirme que des dizaines de milliers d'Ukrainiens cherchant à fuir les combats, sont arrivés en Russie.
La Russie par ailleurs rejette les accusations de l'Otan selon lesquelles elle concentrerait à nouveau des troupes à sa frontière. Il s'agirait seulement d'éviter les infiltrations de blindés ukrainiens. C'est généralement Kiev qui formule ce type d'accusation
 

 

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