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POLOGNE

Le ministre polonais des Affaires Etrangères visé par le scandale des écoutes

Le scandale des écoutes illégales d'hommes politiques a franchi un nouveau pas avec la publication par l'hebdomadaire «Wprost» de propos attribués au chef de la diplomatie Radoslaw  Sikorski mettant en doute l'alliance polono-américaine.
Le scandale des écoutes illégales d'hommes politiques a franchi un nouveau pas avec la publication par l'hebdomadaire «Wprost» de propos attribués au chef de la diplomatie Radoslaw Sikorski mettant en doute l'alliance polono-américaine. REUTERS/Slawek Kaminski/Agencja Gazeta/Files
Texte par : Maya Szymanowska
3 mn

Depuis une semaine l'affaire des écoutes mettant en cause les hommes politiques polonais les plus en vue soulève une violente polémique en Pologne. Et dans une publication récente de l'hedomadaire Wprost, le ministre des Affaires étrangères polonais est à son tour visé. Le Premier ministre Donald Tusk parle d'une volonté de déstabilisation de l'Etat. Un « scandale » toutefois pas très clair puisque de nombreuses questions restent ouvertes sur l'hebdomadaire à l'origine des révélations.

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Tout a commencé dans le restaurant Sowa et Przyjaciele situé sur une artère assez passante de Varsovie. L'hebdomadaire Wprost a publié, lundi 23 juin, les transcriptions des écoutes de la rencontre entre Marek Belka, le président de la Banque centrale polonaise et le ministre de l'Intérieur Bartlomiej Sienkiewicz, enregistrés à leur insu. Les deux hommes évoquaient en juillet 2013, la possibilité d'une aide de la Banque centrale en échange de la démission du ministre des Finances. Parmi plusieurs autres enregistrements, celui publié lundi 23 juin met en cause Radoslaw Sikorski, le ministre des Affaires Etrangères. D'habitude considéré comme très atlantiste, on entend sur l'enregistrement le chef de la diplomatie polonaise critiquer vertement l'alliance polono-américaine, qui d'après lui risque de compromettre les bonnes relations de la Pologne avec la France ou l'Allemagne.

Les journalistes de Wprost parlent d'atteinte à la liberté de la presse

Ce qui a ému l'opinion publique en Pologne, ce n'est pas seulement la teneur des conversations enregistrées, mais le langage très vulgaire utilisé par ces hommes politiques de haut rang, et aussi l'intervention des services spéciaux à la rédaction de l'hebdomadaire Wprost sur la demande du parquet . Devant la résistance des journalistes, les agents des services spéciaux sont repartis bredouilles. Mais Wprost parle d'une atteinte à la liberté de la presse, soutenu par l'Observatoire de la liberté de la presse de l'OSCE de Vienne.

Une enquête sur les écoutes ouverte

Mais cette affaire ne s'arrête pas là et semble même de plus en plus embrouillée. Le rôle de l'hebdomadaire Wprost n'est pas si clair que cela. Effectivement, de nombreuses questions restent ouvertes. L'hebdomadaire de droite Wprost a publié ces écoutes telles quelles, sans livrer d'enquête ni sur leur contexte ni sur les commanditaires de ces enregistrements et sans demander de commentaires aux personnes intéressées. Une enquête sur ces écoutes illégales est désormais ouverte.

Le gouvernement polonais résiste

Le Premier ministre Donald Tusk parle d'une volonté de déstabilisation de l'Etat. L'opposition, elle, de trafic d'influence, et de scandale, et demande la démission des ministres voire de tout le gouvernement. L'Assemblée polonaise doit en discuter mercredi, mais il est peu probable que le gouvernement de Donald Tusk puisse vaciller. Cependant les soutiens de la Plateforme civique ont chuté. Elle ne réunit désormais que 25% de sympathisants contre 32% pour les conservateurs.

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