Ukraine

Ukraine: des rebelles encerclés mais pas déstabilisés à l’Est

Une manifestation a été organisée dimanche 29 juin 2014 à Kiev pour réclamer la fin du cessez-le-feu et l’instauration d’une loi martiale dans les régions séparatistes de l'Est.
Une manifestation a été organisée dimanche 29 juin 2014 à Kiev pour réclamer la fin du cessez-le-feu et l’instauration d’une loi martiale dans les régions séparatistes de l'Est. REUTERS/Konstantin Grishin
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les forces ukrainiennes ont lancé une vaste offensive dans l'est de l'Ukraine après que le président Petro Porochenko a décrété la fin d'un cessez-le-feu unilatéral dans la nuit de lundi à mardi, le 2 juillet 2014. Sur place la situation semble se radicaliser rapidement.

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Avec notre correspondant à Kiev, Sébastien Gobert.

Les positions changent rapidement dans l'est de l'Ukraine, alors que l'armée ukrainienne s'est attelée à reprendre le contrôle de la frontière avec la Russie et à encercler les positions tenues par les rebelles. Ces derniers ont riposté en prenant d'assaut le bureau régional du ministère de l'Intérieur à Donetsk, faisant au moins un mort et cinq blessés. Et si des dizaines de milliers de civils ont déjà quitté les lieux, il en reste des millions dans les grandes villes de la région. Un autobus à Kramatorsk a été détruit lors d'un bombardement, faisant cinq morts parmi les passagers civils.

A la fin de la première journée de l'offensive, lundi 1er juillet 2014, le président Petro Porochenko a rappelé qu'il était prêt à suspendre les opérations à condition que les autorités séparatistes déposent les armes avant tout et libèrent les dizaines d'otages kidnappés au cours des dernières semaines. Un scénario qui semble improbable à l'heure actuelle. Et pour Andriy Parubiy, le secrétaire du Conseil national de sécurité en charge de l'opération anti-terroriste, il faut aussi prendre en compte un autre risque, c'est-à-dire considérer que la Russie pourrait intervenir directement à n'importe quel moment.

L'impopularité du cessez-le-feu

Le cessez-le-feu pris à l'initiative de Petro Porochenko a, en effet, pris fin dans la nuit du lundi au mardi 2 juillet 2014, étant donné qu’aucune avancée diplomatique ne se profilait : « Ce cessez-le-feu n’avait pas eu de succès puisqu’il y avait eu plusieurs incidents et plusieurs militaires ont été tués durant ce cessez-le-feu. Cela a entraîné une impopularité grandissante de ce cessez-le-feu dans la population, notamment parmi l’électorat de Porochenko mais aussi visiblement au sein du Parlement ukrainien. En effet, si la bonne volonté des autorités ukrainiennes était visible, du côté des séparatistes, on ne voyait aucune avancée et même des incidents. Cela laissait penser par ailleurs que le cessez-le-feu servait le camp des séparatistes qui se renforçaient notamment en armes pour une partie pouvant venir de la Russie », analyse Alexandra Goujon, maître de conférences à l'université de Bourgogne et Siences-Po Paris, spécialiste de l'Ukraine.

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