UKRAINE

Ukraine: acculés, les insurgés pro-russes restent menaçants pour Kiev

Un soldat ukrainien protège des civils fuyant le village de Metalist, près de Lougansk, le 11 juillet 2014.
Un soldat ukrainien protège des civils fuyant le village de Metalist, près de Lougansk, le 11 juillet 2014. REUTERS/Viktor Gurniak
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L’armée ukrainienne poursuit ses opérations contre les séparatistes pro-russes, qui contrôlent encore des dizaines de villes et villages des régions russophones de l'est du pays. Les combats sont particulièrement acharnés à proximité de Lougansk, où sont retranchés des insurgés pro-russes, et où les forces gouvernementales semblent avoir marqué un point. Ce lundi, en début d’après-midi, les séparatistes ont toutefois affirmé avoir abattu un avion de transport militaire ukrainien dans la région de Lougansk. Des tirs provenaient « vraisemblablement » de Russie, a annoncé la présidence ukrainienne citant le ministre de la Défense. 

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Selon la présidence ukrainienne, les forces gouvernementales contrôlent désormais totalement un lieu stratégique : l’aéroport de Lougansk, situé à une vingtaine de kilomètres au sud de la ville. Très endommagé, fermé depuis plusieurs semaines, il était quasiment encerclé par les unités séparatistes, or il s'agit d'un point essentiel sur la route qui mène à la ville de Lougansk. Avec l'aéroport, c'est un verrou supplémentaire qui tombe pour l’armée ukrainienne. 

Cette dernière tente de progresser vers la capitale régionale, où sont retranchés une partie des insurgés pro-russes. Les forces loyalistes poursuivent leur manœuvre d’encerclement. Elles ont investi Oleksandrivsk, à l’ouest de Lougansk, où trente insurgés ont été tués, selon un porte-parole des séparatistes. Des combats ont été aussi signalés à Metalist, au nord de la ville, et à Gueorguiivka et Raskochna, au sud-ouest.

Par ailleurs, en début d’après-midi, un porte-parole de l'armée ukrainienne avait indiqué avoir perdu le contact avec un de ses appareils AN-26 survolant la région de Lougansk. L'équipage aurait réussi à sauter en parachute avant de contacter son état-major. Les séparatistes ont aussitôt affirmé avoir abattu l'avion de transport militaire ukrainien. « Compte tenu du fait que l'avion volait à une altitude de 6 500 mètres, il était impossible qu'il ait été touché par des tirs de missiles sol-air portables, ce qui signifie qu'il a été abattu par un missile d'un autre type, plus puissant, qui a été utilisé, vraisemblablement, à partir du territoire de la Fédération de Russie », a indiqué le communiqué du ministère de la Défense ukrainien.

Frontière poreuse

Selon le Conseil national de sécurité ukrainien, des groupes de rebelles ont été vus fuyant vers la frontière ukraino-russe. Cette frontière constitue un autre point d’extrême tension. Les autorités de Kiev continuent de pointer du doigt des tentatives d’entrée sur le territoire ukrainien de combattants et de matériel militaire.

La tension est montée d’un cran dimanche avec la chute d’un obus dans une ville russe. Le tir, qui a fait un mort, avait été attribué par Moscou aux forces ukrainiennes, mais celles-ci ont démenti toute implication. Selon le porte-parole du Conseil de sécurité ukrainien Andriï Lyssenko, la Russie masse à nouveau des troupes près de la frontière. Selon lui, les événements de ces derniers jours témoignent du fait que la partie russe a « opté pour l’escalade du conflit dans le Donbass ».

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