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Crash du MH17: John Kerry charge à nouveau la Russie

John Kerry lors de son interview sur NBC News, le 20 juillet 2014.
John Kerry lors de son interview sur NBC News, le 20 juillet 2014. captur d'écran Youtube
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Selon le secrétaire d'Etat américain, le missile qui a abattu l’avion malaisien dans l’est de l’Ukraine vient de Russie. Interrogé sur plusieurs chaînes de télévision ce dimanche, il a donné des détails sur les informations, recueillies par les services de renseignements, qui tendent à prouver que les séparatistes russes sont responsables de ce tir, et qu’ils ont été armés et entraînés par Moscou. Quant à l'Europe, elle peine à rendre concrètes ses pressions à l'égard du Kremlin.

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Avec notre correspondante à Washingon, Anne-Marie Capomaccio, et notre bureau à Bruxelles

Lors de ses interventions télévisées sur les grandes chaînes CNN, CBS et NBC, John Kerry a été affirmatif : « voilà quelques semaines, 150 véhicules, des hommes, des lanceurs de roquettes, et des tanks ont traversé la frontière entre la Russie et l’est de l’Ukraine ». Ce convoi, d’après le secrétaire d'Etat américain, était destiné aux séparatistes russes de la région.

« Il doit cesser de les armer ! »

Les Etats-Unis ont la preuve, a-t-il affirmé, que ces séparatistes ont les moyens matériels, et ont reçu, de la part des Russes, l’entraînement nécessaire à l’utilisation de ces armes sophistiquées, observées dans la région d’où le tir fatal est parti.

« Nous savons, car nous l’avons observé, qu’au moment l’avion a été abattu, un tir a été détecté, venant de cette zone. La trajectoire montre que le tir est allé vers l’avion. A présent nous avons une vidéo, montrant un lanceur rentrant en Russie, avec un missile manquant à son chargement ».

Ecoutes téléphoniques, images satellites, tous les moyens sont mis en œuvre pour observer ce qui se passe dans l’est de l’Ukraine. John Kerry a ainsi expliqué que les séparatistes se sont vantés d’avoir abattu un avion. Les messages postés sur les réseaux sociaux, immédiatement après la catastrophe le prouvent, et toujours selon Kerry, ils ont été retirés lorsque les responsables ont appris que la cible atteinte était en fait un avion civil.

« La Russie a armé les séparatistes, la Russie a soutenu les séparatistes, la Russie a entrainé les séparatistes, la Russie continue à refuser d’appeler publiquement les séparatistes à adopter une attitude qui permettrait d’aboutir à une résolution du problème, a encore martelé le secrétaire d'Etat américain. Le président Poutine devrait appeler les séparatistes et s’engager lui-même pour obtenir un cessez-le-feu. Il doit demander personnellement aux séparatistes de relâcher leurs otages, et il doit obtenir qu’ils s’engagent immédiatement dans un processus politique pour que la paix revienne dans la région. Il doit cesser de les armer ! »

Velléités européennes

Si les Etats-Unis sont en première ligne dans la confrontation avec la Russie sur le terrain ukrainien - le crash du Boeing 777 et la situation dans l'est en général -, ils ne sont pas les seuls à élever la voix.

A la veille de la réunion à Bruxelles des 28 ministres européens des Affaires étrangères, un communiqué commun de l'Allemagne de la France et du Royaume-Uni exige l'accès libre et total sur les lieux de la tragédie du MH17 pour les enquêteurs. Le message reprend ainsi les exigences formulées à plusieurs reprises par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte lors de ses entretiens téléphoniques avec Vladimir Poutine.

Cet accord survenu dimanche entre le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France est, pour l'instant, la seule manifestation d'une forme de résolution face à la Russie de la part de dirigeants européens.

Le Royaume-Uni, fer de lance pour plus de sanctions

Jusqu'ici, les institutions européennes se sont contentées d'activer la cellule de crise pour l'aviation civile et de continuer à établir la liste des entités contre lesquelles des sanctions ont été décidées, lors du sommet européen de mercredi.

Pour le reste, les vingt-huit capitales semblent continuer à être véritablement divisées quant à l'attitude vis-à-vis du Kremlin. Leur leitmotiv reste d'afficher la fermeté tout en maintenant ouvertes les voies du dialogue avec Moscou. Mais c'est là leur plus petit commun dénominateur. Et les Européens, qui partagent un même continent avec la Russie, sont par exemple toujours un cran en-dessous des Etats-Unis dans les sanctions.

Britanniques, Allemands et Français promettent que les vingt-huit ministres européens des Affaires étrangères tireront les conséquences d'une non-coopération éventuelle de la Russie lors de leur réunion mardi à Bruxelles. Mais pour l'instant, seul le Royaume-Uni semble décider à tout faire pour obtenir de ses partenaires européens que des sanctions supplémentaires soient prises à l'encontre de la Russie.

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