UKRAINE

Ukraine: à Dzerjinsk, les adieux à la «République séparatiste»

Un séparatiste pro-russe, au nord de la ville de Donetsk (Ukraine), le 22 juillet 2014. Alors que l'armée ukrainienne regagne du terrain, Donetsk fait partie des dernières villes tenues par les séparatistes.
Un séparatiste pro-russe, au nord de la ville de Donetsk (Ukraine), le 22 juillet 2014. Alors que l'armée ukrainienne regagne du terrain, Donetsk fait partie des dernières villes tenues par les séparatistes. AFP PHOTO/ BULENT KILIC
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Près de quatre mois après le début de l'insurrection dans l'est de l'Ukraine, les forces armées ukrainiennes semblent déterminées à en finir. Si les forces séparatistes sont bien accrochées aux grandes villes de Lougansk et de Donetsk, les troupes loyalistes engrangent les succès, et reconquièrent une ville après l'autre.

Publicité

Avec notre envoyé spécial à Dzerjinsk, Sébastien Gobert, et notre envoyé spécial à Donetsk, Damien Simonart

La ville de Dzerjinsk, à 30 kilomètres au nord de Donetsk, a été reprise le 21 juillet par les loyalistes. Sous un drapeau ukrainien flambant neuf, claquant au vent, le bâtiment calciné de la mairie fume toujours. Pour la ville de Dzerjinsk, qui compte quelque 75 000 habitants en temps de paix, l'expérience de la « République séparatiste de Donetsk » (la DPR), s'est évanouie très rapidement, au prix de quatre morts et de quelques destructions, somme toute très réduites.

Lyouda Nikolaivna vend ses légumes au marché. Elle se dit soulagée d'un poids avant tout psychologique. Car dans la vie quotidienne, elle n'avait pas senti grande différence : « La DPR, c'était quoi la DPR ? Ma retraite, par exemple, c'est l'Ukraine qui a continué à me la payer. La DPR, moi, je ne l'ai pas vue. »

Personne n'a noté de grand changement politique ou économique. Les fonctionnaires de la municipalité ou les policiers, qui ont travaillé de pair avec les autorités de la DPR, affirment vouloir travailler désormais avec les forces ukrainiennes. Le secrétaire municipal Iouri Nikolaievitch explique : « De fait, la ville a fonctionné comme avant. Ils n'ont oppressé personne en particulier, personne n'a été inquiété, hormis quelques petits abus. » Il cite l’exemple de gens venus récupérer leurs voitures qui avaient été réquisitionnées de force.

À Dzerjinsk, pas d'émotion particulière donc. Ce que la population veut avant tout, c'est la paix, du travail, et une vie de bonne qualité, que ce soit dans une République indépendante, en Russie ou en Ukraine.

L’armée ukrainienne aux portes de Donetsk

La ville de Donetsk, elle, n’a pas encore été reprise. Elle est toujours sous contrôle des séparatistes pro-russes, mais l'armée ukrainienne est à ses portes : elle attaque par l’ouest. De jour comme de nuit, les tirs d'artillerie lourde y résonnent de plus en plus souvent.

À certains endroits, les soldats des deux camps ne seraient éloignés que de quelques centaines de mètres, à portée des snipers. Les rebelles pro-russes ont par ailleurs détruit un tank de l'armée ukrainienne. Cette dernière déplore la mort de 13 soldats dans l'est du pays.

Elle a toutefois repris la ville de Severodonetsk, 110 000 habitants, située entre Lougansk et Donetsk. Cinq personnes parmi les civils auraient trouvé la mort après avoir été touchées par des éclats d'obus.

Si les autorités ukrainiennes se félicitent de la reprise d'une nouvelle ville, elles restent toutefois préoccupées par leur voisin russe. Selon le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense ukrainien, 40 000 soldats, 150 chars, 400 blindés et 500 systèmes d'artillerie sont déployés par la Russie à sa frontière avec l'Ukraine.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail