Accéder au contenu principal
Ukraine

Civils et hôpitaux victimes des violences dans l'est ukrainien

Un homme est contrôlé par des combattants séparatistes à proximité de Donestk, le 5 août.
Un homme est contrôlé par des combattants séparatistes à proximité de Donestk, le 5 août. REUTERS/Sergei Karpukhin
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Donetsk, fief des séparatistes pro-russes, a été frappée dans la nuit de mardi à mercredi par une frappe aérienne ukrainienne. « Il n’y a pas de victimes parmi les civils », a précisé la mairie. Alors que l'armée ukrainienne semble préparer une offensive sur la ville séparatiste, les civils sont pris entre différents feux. Ceux qui le peuvent continuent de fuir, laissant craindre un exode massif. Dans tout l'est du pays, ravagé par les combats, les différents belligérants multiplient bavures et exactions, y compris contre les installations sanitaires.

Publicité

Occupation d’hôpitaux, vols d’ambulances et de médicaments : des faits qui se sont multipliés ces dernières semaines dans l’est de l’Ukraine. L’ONG Human Right Watch (HRW) dénonce des exactions commises par les séparatistes, mais aussi des attaques vraisemblablement menées par les forces ukrainiennes.

« Nous avons rassemblé des faits prouvant que les forces séparatistes ont exercé des menaces envers du personnel médical, qu’elles ont détruit et volé des équipements médicaux, qu’elles ont saisi et utilisé des ambulances et qu’elles continuent d’occuper certains services hospitaliers », exlpique Ole Solvang, de HRW Moscou, qui vient de passer plusieurs semaines dans l’Est de l’Ukraine. Il pense qu’il y a deux raisons pour lesquelles elles agissent ainsi.

La première, peut sembler légitime  : ils ont beaucoup de combattants blessés à soigner. Mais la deuxième raison illustre leur manque complet de respect et de compréhension du fait que les personnels médicaux, les unités médicales, les hôpitaux et les ambulances sont placés sous la protection de la loi internationale humanitaire en temps de guerre.

« Par ailleurs, précise Ole Solvang, au moins deux employés des hôpitaux ont été tués alors qu’ils étaient au travail, leurs établissements ayant essuyé des tirs d’artillerie. Au moment où ils ont été attaqués, ces hôpitaux se trouvaient dans des zones contrôlées par les rebelles, ce qui laissent penser que les forces gouvernementales ukrainiennes pourraient en être responsables. »

La crainte de flux massifs de réfugiés

Le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) craint un exode massif avec l’intensification des combats dans l’est de l’Ukraine. Selon l'organisation, au moins 285 000 personnes ont déjà quitté leurs foyers. Mais ce chiffre pourrait en réalité être beaucoup plus élevé.

Selon les autorités russes, 730 000 Ukrainiens auraient passé la frontière depuis le début de l’année. Et même si officiellement, 168 000 seulement ont requis l’asile, le chiffre fourni par Moscou pourrait être crédible selon William Spindler, porte-parole du HCR. « De nombreuses personnes ne se manifestent pas, ne contactent pas les autorités, explique-t-il. Elles se réfugient simplement dans les pays voisins, comme la Russie et la Biélorussie, où elles peuvent rester sans avoir besoin de visa. »

Selon William Spindler, beaucoup de réfugiés craignent d'être persécutés du fait de leur opinion politique ou d'être recrutés de force dans les forces armées des deux camps. Une fois arrivés en Russie, les réfugiés profitent souvent de l'accueil offert par leurs familles et ne ressentent pas le besoin de s'enregistrer, en tout cas dans un premier temps.

Les civils bloqués à Donetsk, assiégée par l'armée ukrainienne

L’intensification des combats entre les forces ukrainiennes et les séparatistes pro-russes a rendu la fuite des civils presque impossible ce mardi, dans les fameux couloirs humanitaires mis en place par Kiev. Depuis un certain temps, une grande partie de la population a cependant déjà quitté la ville, craignant un assaut de la part de l’armée ukrainienne.

Et justement cet assaut semble se préciser. C’est en tout cas ce que laisse entendre un porte-parole militaire à Kiev qui n’hésite pas à dire que les opérations menées actuellement visent à préparer la libération de la ville.

Des bombardements ont ainsi duré plusieurs heures dans le quartier Petrovski, situé à la périphérie sud ouest de Donetsk. Bâtiments endommagés, communication presque impossible, et plus de courant. Voilà le résultat de cette recrudescence des opérations dans le fief des insurgés. Selon des témoins, les gens se terrent dans les caves.

Des explosions ont également été entendues dans la localité voisine de Mariïnka. En fait ce sont presque tout les quartiers périphériques de la ville qui semblent désormais touchés. Des explosions ont retenti toute la journée, dont beaucoup dans le secteur de l’aéroport, au nord de la ville.

L’armée ukrainienne semble vouloir prendre Donetsk en étau, ce qui ressemble bien aux prémices d'une offensive pour reprendre la ville aux séparatistes pro-russes.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.