Ukraine

Ukraine: le calvaire des habitants de Makiïvka

A Makiïvka, un immeuble d'habitation endommagé par des tirs d'artillerie. Certains vont fuir la zone, d'autres préfèrent rester malgré les risques encourus.
A Makiïvka, un immeuble d'habitation endommagé par des tirs d'artillerie. Certains vont fuir la zone, d'autres préfèrent rester malgré les risques encourus. RFI/ Sergei Dmitriev

De nouveaux affrontements ont eu lieu dans les faubourgs de Donetsk, en Ukraine, mercredi. Au moins 40 civils auraient été tués depuis mardi matin dans les alentours de la ville. Les tirs d’artillerie ont été particulièrement violents dans la localité de Makiïvka, située à quelques kilomètres seulement de la ligne de front.

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Avec notre envoyé spécial à Makiïvka, Daniel Vallot

Devant l’entrée d’un immeuble d’habitation touché au petit matin, mercredi, des débris de verre, de bois et de béton jonchent encore le sol. En moins de 24 heures, plusieurs bâtiments ont été touchés par des tirs d’artillerie dans ce secteur, situé à quelques kilomètres seulement de la ligne de front.

« Cela a commencé hier à six heures du matin. Il y a eu tellement de morts et de blessés. Pourquoi nous font-ils ça ? S’exclame une femme éplorée. Ce salaud de Porochenko, il devrait enterrer ses enfants lui-même, comme nous sommes obligés de le faire jour après jour ! »

Les habitants de Makiïvka se disent pour la plupart solidaires des autorités séparatistes et ils accusent l’armée ukrainienne d’être à l’origine de ces tirs meurtriers.

« Si les tirs étaient venus des rebelles, c’est l’autre côté de l’immeuble qui aurait été touché, explique un homme. D’ailleurs, quand vous regardez l’impact et l’angle de tir, ça ne fait aucun doute : ça vient des positions tenues par l’armée ukrainienne ».

Avec quelques planches de bois, un groupe d'hommes tente de réparer les dégâts causés par les tirs d'artillerie. Ils disent vouloir rester chez eux malgré le danger, mais dans le voisinage la plupart des habitants qui sont encore là envisagent désormais de quitter la ville et la région pour se mettre à l'abri.

Terrés 24 heures sur 24 dans des caves

D'autres ont trouvé refuge dans les caves de leurs immeubles. Pour y pénétrer, rapporte toujours notre envoyé spécial Daniel Vallot, il faut d’abord baisser la tête. Dans la pénombre, on distingue ensuite quelques lits et des matelas. Ils sont une douzaine à vivre dans cette cave sombre et humide depuis deux jours.

« Ma famille m’a amenée d’un endroit où ça tirait beaucoup et maintenant ça tire aussi dans ce secteur, raconte une vieille dame. J’ai 80 ans et je suis coincée dans cette cave. C’est vraiment trop dur pour moi. Je n’ai plus de santé, mes jambes ne me portent plus et je suis obligée de rester là ».

Dans une autre pièce, Ludmila contemple son bien le plus précieux : un sac plastique où se trouvent des pommes et quelques bouteilles d’eau. Âgée de 77 ans, elle a déjà vécu cette situation durant la Seconde Guerre mondiale : « C’était dans les années 1941, 1942, 1943. Je me souviens que nos parents nous emmenaient à la cave et nous cachaient la tête sous des coussins, se remémore-t-elle. Et voilà, maintenant nous sommes vieux, et ça recommence ! »

Dans un coin de la cave, des couvertures et quelques boîtes de conserve ont été entreposées. Nul ne sait ici combien de temps vont durer les combats et combien de temps il faudra rester dans cette cave à l’abri des tirs de roquette et de mortiers.

Dans une cave de Makiïvka, des habitantes contraintes de se mettre à l'abri pour échapper aux échanges de tirs d'artillerie entre la rébellion et l'armée ukrainienne.
Dans une cave de Makiïvka, des habitantes contraintes de se mettre à l'abri pour échapper aux échanges de tirs d'artillerie entre la rébellion et l'armée ukrainienne. RFI/ Sergei Dmitriev

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