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Grèce

En Grèce, le projet de loi sur le racisme fait débat

Le mouvement Keerfa manifeste contre le fascisme et le racisme au Pirée (Athènes), le 30 août 2014.
Le mouvement Keerfa manifeste contre le fascisme et le racisme au Pirée (Athènes), le 30 août 2014. George Panagakis/Pacific Press/LightRocket via Getty Images

Actuellement en discussion au Parlement, le projet de loi prévoit de moderniser une législation qui datait de la fin des années 1970. Mais pour beaucoup, le texte comporte des lacunes et pourrait mettre en danger le travail des historiens.

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De notre correspondante à Athènes,

Cette loi a pour objectif de renforcer les sanctions pour incitation à la haine raciale et à l'homophobie. Les partis et les associations qui en sont accusés pourront provisoirement perdre leur aide d'Etat et payer jusqu'à 100 000 euros. Les auteurs d'actes racistes, eux, pourront être condamnés jusqu'à trois ans de prison et à un maximum de 20 000 euros. Et si leurs propos poussent d'autres personnes au crime, elles seront condamnées à six mois de prison minimum.

Cette loi va être votée alors que les violences racistes auraient augmenté ces dernières années. Sur l'année 2012 et le début de l'année 2013, le médiateur de la République a reçu un peu moins de 300 plaintes pour attaques racistes et homophobes. Des attaques qui ont provoqué la mort de quatre personnes.

Selon le réseau d'enregistrement des violences racistes, elles ne sont pas sans rapport avec la montée d'Aube dorée, le parti néonazi. Dans son dernier rapport, le réseau indique que la seule période où il y a eu moins d'agressions a débuté en octobre 2013, après l'arrestation de plusieurs dirigeants et de nombreux militants du parti néonazi.

La remise en cause de l'Histoire fait débat

Mais pour les associations de protection des droits de l'homme, cette loi ne suffira pas à endiguer ce phénomène, car elle ne concerne pas les fonctionnaires. Or, pour le Keerfa, le mouvement contre la menace raciste et fasciste, l'Etat est en partie responsable du climat ambiant. La police notamment est régulièrement accusée de violence vis-à-vis des immigrés et des homosexuels.

L'autre mesure phare qui fait actuellement débat, c'est celle qui concerne la remise en cause des génocides et des crimes de guerre. 139 historiens ont signé une pétition contre l'article 2 de la loi antiracisme. Il criminalise la négation des génocides, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité reconnus par les cours internationales et le Parlement grec, si cette négation incite à la haine raciale ou à la violence.

Pour les historiens, cette dernière notion est trop vague. Pour eux, ce n'est pas à l'Etat d'écrire l'Histoire. Une historienne de l'université d'Athènes, signataire, Athanasia Anagnostopoulou cite notamment le génocide des Grecs pontiques et d'Asie mineure. Reconnu par la Grèce et souvent brandi par les nationalistes, il ne fait cependant pas l'unanimité du côté des historiens.

Le débat divise aussi le Parlement. Hier, le vote a finalement été reporté à mardi prochain, à la demande de Syriza et d'Aube dorée. Les deux partis ont cependant des logiques différentes. La gauche radicale et les communistes refusent de voter pour l'article 2¨, car il mettrait en danger la liberté d'expression dans son ensemble. Tandis que les néonazis, connus pour leur glorification d'Hitler et de ses réalisations, sentent visiblement le danger venir.

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