Europe

Europe: il y a 25 ans, le 10 septembre 1989, tombait le rideau de fer

Restes du rideau de fer en 2007.
Restes du rideau de fer en 2007. Photo: Vladimír Tóth, source: Wikipédia

Il y a 25 ans, le 10 septembre 1989, le gouvernement communiste au pouvoir à Budapest annonçait à la télévision que les frontières du pays étaient ouvertes ! Il n’y avait plus de rideau de fer entre la Hongrie et l’Autriche. Des milliers d’Allemands de l’Est qui se trouvaient en Hongrie se précipitaient à la frontière et traversaient l’Autriche pour gagner l’Allemagne de l’Ouest ! Deux mois plus tard, le 9 novembre, le mur de Berlin tombait. Avec la brèche ouverte par les Hongrois, le mur n’avait plus raison d’être.

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Vingt-cinq ans après la chute du rideau de fer entre la Hongrie et l'Autriche, l’Orchestre du festival de Budapest a choisi de commémorer cet événement historique à sa manière. Le chef d’orchestre Ivan Fischer, qui est à la tête de l’Orchestre du festival de Budapest, a eu l’idée de reconstruire le mur de Berlin à Budapest ! Un mur symbolique, en plâtre, de 2,5 m de long sur 1 m de haut, qui a été installé dans un passage piéton au centre de Budapest.

Et ce soir, devant ce mur factice mais hautement symbolique, la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton interprètera la « Troisième suite pour violoncelle » de Bach. C'est un hommage au violoncelliste russe Rostropovitch. On se souvient tous de ces images émouvantes du violoncelliste qui, Il y a 25 ans, avait sauté dans l’avion pour venir jouer devant le mur de Berlin qui venait de tomber. Un concert complètement improvisé devant une foule en liesse. Et Rostropovitch avait joué cette suite de Bach que Sonia Wieder Atherton interprètera ce soir.

Comment les autorités hongroises en sont-elles arrivées à ouvrir la frontière en 1989 ?

Il faut se rappeler qu’un vent de changement soufflait sur le bloc communiste depuis l’arrivée de Gorbatchev au Kremlin en 1987. D’un côté donc, il y avait Gorbatchev qui voulait des réformes. De l’autre, l’Allemagne fédérale qui pensait toujours à la réunification. Mais Berlin et Moscou ne pouvaient négocier directement. La Hongrie a finalement joué un rôle intermédiaire entre les deux.

En mars 1989, Miklos Németh, le Premier ministre de Hongrie, rencontre Gorbatchev et lui annonce que les Hongrois vont enlever les barbelés à la frontière austro-hongroise. Il ne s’agit pas de démanteler tout le rideau de fer mais d’enlever les barbelés électrifiés. Gorbatchev ne dit ni oui ni non. Autrement dit, il laisse faire.

Et en juin de la même année, les ministres hongrois et autrichiens des Affaires étrangères se retrouvent à la frontière pour, symboliquement, couper les barbelés devant les caméras. Et deux mois plus tard le 19 août, un pique-nique politique est organisé à la frontière austro-hongroise, côté Autrichien. Les dissidents hongrois reçoivent l’autorisation d’y aller. Les gouvernements hongrois et autrichiens tombent d’accord pour ouvrir la frontière pendant trois heures.

Un pique-nique test

La rumeur se répand et plusieurs centaines d’Allemands de l’Est arrivés en Hongrie, franchissent la frontière ce jour-là. En fait, le pique-nique est un test. Vienne et Budapest veulent voir si Moscou réagit. Personne ne bronche. Alors, des milliers d’Allemands de l’Est affluent en Hongrie. Ils campent partout, dans les églises, devant l’ambassade de RFA. La rumeur court que la frontière va s’ouvrir pour de bon. Ces Allemands sont tellement nombreux que le gouvernement hongrois, qui a volontairement laissé faire annonce l’ouverture de la frontière le 10 septembre. C’est la fin du rideau de fer. Sans ce jour historique, le mur de Berlin ne serait pas tombé, quelques semaines plus tard.

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