Ecosse/Royaume-Uni

Référendum écossais: le «non» à l'indépendance repasse en tête

Royal Bank of Scotland, la deuxième banque britannique, a annoncé qu'elle déménagerait son quartier général vers Londres si le «oui» l'emporte.
Royal Bank of Scotland, la deuxième banque britannique, a annoncé qu'elle déménagerait son quartier général vers Londres si le «oui» l'emporte. Reuters

Un autre jour, un autre sondage et un nouveau retournement de tendance en Ecosse: cette fois les chiffres donnent une avance de six points aux partisans du «non» à l'indépendance à 53 % contre 47 %, quelques jours après que plusieurs études ont suggéré les deux camps au coude-à-coude. Un coup de pouce que ne manqueront pas d’apprécier les défenseurs de l'union sur la défensive.

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Voilà un répit qui va en soulager plus d’un dans le camp du « non » d’autant que ces chiffres émanent d’un institut généralement favorable au « oui ». La percée fracassante des indépendantistes semble endiguée du moins jusqu’au prochain sondage, selon notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix. Car ce retournement de tendance n’est pas le résultat du front commun organisé mercredi par les partis de Westminster en Ecosse.

Pour connaître l’impact de cette visite et des suppliques passionnées du Premier ministre David Cameron et du travailliste Ed Miliband, il faudra attendre la fin de la semaine. Mais, ce que montrent ces sondages girouettes c’est l’atmosphère instable qui règne désormais en Ecosse.

Sueurs froides du secteur bancaire

Les indécis notamment admettent changer d’avis sans cesse et particulièrement à chaque hoquet de la livre sterling qui joue au yoyo ces derniers jours. Les conséquences économiques de l’indépendance commencent d’ailleurs à inquiéter. Plusieurs institutions établies en Ecosse, comme la compagnie d’assurance Standard Life, la banque Lloyds et surtout Royal Bank of Scotland ont annoncé qu’elles déménageraient leur quartier général vers Londres si le « oui » l’emporte.

Fondée à Edimbourg en 1727, la Royal Bank of Scotland est détenue à plus de 80% par l'Etat britannique. La banque Lloyds, elle, se dit «inquiète» des risques que ferait peser sur elle une Ecosse indépendante, notamment en matière de financement et de fiscalité. Inquiétudes partagées par la troisième banque du pays, Clydesdale. Les actifs cumulés de ces trois principales banques écossaises représentent plus de 12 fois le produit intérieur brut de l'Ecosse. La percée des partisans du «oui» ces dernières semaines donne, en effet, des sueurs froides au secteur financier écossais. Le plus gros de sa clientèle reste britannique. L'agence de notation Standard & Poor's prévoit qu'en cas de nouvelle crise financière, l'Ecosse divorcée de la Grande-Bretagne serait incapable de soutenir correctement ses banques, comme cela a été largement le cas pour Royal Bank of Scotland en 2008.

Les Ecossais perçoivent donc désormais les risques économiques d’une sortie du Royaume-Uni. Cette question de la viabilité d’une Ecosse indépendante pourrait jouer un rôle décisif dans une semaine. 

Ce à quoi nous assistons est un bon exemple de l'opposition entre l'équipe d’Écosse et l'équipe de Westminster. L'ampleur et la portée de la campagne pour le «oui» sont destinées à tous, ça n'a rien à voir avec le Parti National Écossais, le Parti Vert ou les autres partis politiques, cela concerne directement tous les secteurs de la société écossaise. En revanche, ce que nous avons vu aujourd'hui dans l'autre camp, c'est l'équipe de Westminster parachutée en Écosse pour la journée, parce qu'ils commencent à paniquer. Notre campagne est, entre autres, un test crucial pour l'emploi. Ce que nous souhaitons, c'est un Parlement moteur pour créer des emplois en Écosse. Mais l'équipe de Westminster ne semble inquiète que d'une chose : leurs propres emplois.

Alex Salmond, chef de fil des indépendantistes

→ Sur le même sujet, écoutez l'émission de Nathalie Amar, Décryptage à 17h10 TU, 19h10 heure de Paris : Référendum en Ecosse : l’avenir sera-t-il britannique ou européen ?

→ Le référendum était aussi à la Une d'Appels sur l'actualité (1ère partie), avec Juan Gomez, ce matin

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