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Russie/Union européenne

Tension sur le gaz entre la Russie et l'Europe

Le siège de la compagnie russe Gazprom à Moscou le 29 juin 2012.
Le siège de la compagnie russe Gazprom à Moscou le 29 juin 2012. REUTERS/Maxim Shemetov/Files
Texte par : Damien Simonart
3 mn

Sommes-nous en train d'assister au début d'une guerre du gaz entre la Russie et l'Union européenne ? Alors que Bruxelles élargit ses sanctions contre Moscou sur fond de crise ukrainienne, la Pologne affirme que la compagnie gazière russe Gazprom a diminué ses livraisons de gaz. Des baisses de livraison ont été constatées à plusieurs reprises cette semaine.

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avec notre correspondant à Varsovie,

En trois jours, les livraisons de gaz ont baissé : -20 % lundi, -25 % mardi et -45 % mercredi. Cette information a fait la Une des journaux polonais en milieu de semaine. Le pays se voyait déjà sans gaz pour se chauffer cet hiver. Depuis, la compagnie gazière polonaise Pgnig et le géant russe Gazprom ont apporté des précisions.

Certes, il est confirmé que Pgnig n'a pas reçu autant de gaz qu'elle avait commandé mais Gazprom n'a pas pour autant fermé son robinet. Les livraisons de gaz sont restées stables : 23 millions de mètres cubes par jour. Simplement, la compagnie polonaise a augmenté ses commandes en début de semaine et Gazprom n'a pas suivi sans donner d'explication. D'après Pgnig, la situation serait revenue à la normale vendredi 12 septembre.

L'implication de la crise ukrainienne ?

Il est très probable que le soutien de la Pologne à l'Ukraine influe sur la stratégie de Gazprom. Pour rappel, depuis cet été, la Russie ne fournit plus de gaz à l'Ukraine car cette dernière ne payait plus ses factures. Elle avait accumulé trop de dettes. Aujourd'hui, c'est donc la Pologne qui fournit en partie l'Ukraine en gaz, avec du gaz acheté à Gazprom. Cela s'appelle un flux inversé. Donc, en ne livrant à la Pologne que le minimum de gaz prévu dans les contrats, la Russie s'assure que l'Ukraine ne recevra pas de gaz des Polonais.

A Varsovie, les experts affirment pour leur part que la Pologne est en sécurité énergétique. Elle dispose de 2,5 milliards de mètres cubes de gaz en réserve et les températures actuelles dans le pays sont chaudes, donc pas d'inquiétude. D'autant que la Pologne s'approvisionne en gaz également via la République tchèque et via l'Allemagne.

Des relations fragilisées entre Varsovie et Moscou

Les relations entre Varsovie et Moscou sont très sensibles. Le 1er août, la Russie a décrété un embargo sur une partie des fruits et légumes polonais, notamment les pommes, qui a des conséquences dramatiques sur l'agriculture polonaise.

Depuis, plusieurs ministres ont affirmé en personne que le marché russe est très instable et incertain. Il se dit à Varsovie que les différentes pressions voire provocations de Moscou sont un test et un avertissement lancés à Donald Tusk, Premier ministre polonais sortant, et futur président du Conseil européen.

Ce dernier prône la fermeté vis-à-vis de Moscou mais il est également connu pour ses talents de médiateur. Il va sûrement en avoir besoin à Bruxelles pour gérer cette crise qui paraît loin d'être terminée.

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