Irlande

L'Irlande suit de près le référendum en Ecosse

Plusieurs milliers d’Orangistes dans les rues d'Edimbourg, pour montrer leur attachement au Royaume-Uni, le 13 septembre 2014.
Plusieurs milliers d’Orangistes dans les rues d'Edimbourg, pour montrer leur attachement au Royaume-Uni, le 13 septembre 2014. Reuters/Paul Hackett

L'Ecosse votera le jeudi 18 septembre pour ou contre l'indépendance. Quel que soit son résultat, le référendum devrait modifier les rapports de forces entre les différentes composantes du Royaume-Uni. L’Irlande voisine est également directement concernée par ce scrutin de jeudi, non sans conséquences sur l'avenir du pays.

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Avec notre correspondant à Dublin, Sébastien Duval

La classe politique irlandaise est restée très silencieuse dans l’ensemble. Les membres du gouvernement ont même reçu pour consigne de ne pas s’exprimer sur ce sujet très sensible. A chaque fois, la réponse est la même : « C’est une affaire écossaise, qui se doit se régler entre Écossais ». Le Premier ministre Enda Kenny a tout de même reconnu que le résultat du référendum aurait des implications en Irlande. Sans préciser lesquelles.

Curieusement, même les Républicains du Sinn Féin se sont gardés d’afficher ouvertement leur position en faveur de l’indépendance écossaise. Le camp du « non » a en revanche reçu le soutien embarrassant des unionistes nord-irlandais. Plusieurs milliers d’Orangistes ont défilé samedi dans les rues d’Edimbourg afin de montrer leur attachement au Royaume-Uni.

L’impact de l’indépendance de l’Écosse sur l’Irlande

L’Irlande du Nord entretient des liens culturels très forts avec l’Écosse. En cas de victoire du « oui », la province se retrouverait géographiquement dans une position inconfortable, prise en étau entre deux pays indépendants. On peut également craindre quelques tensions au nord de la frontière. Le gouvernement irlandais a d’ailleurs confirmé dans une note confidentielle que le résultat du référendum écossais pourrait introduire « un élément d’instabilité » dans la région.

Même s’ils sont restés discrets jusque-là, les Républicains rêvent de s’engouffrer dans la brèche écossaise pour obtenir l’unification de l’île. Le Sinn Féin a déjà demandé la tenue d’un référendum sur la question en 2016, à l’occasion du centenaire du soulèvement de Pâques.

D’un point de vue économique, les Irlandais craignent surtout la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, qui pourrait entraver les relations commerciales entre les deux pays.

Et en cas de victoire du « non » ?

Le gouvernement britannique a promis la semaine dernière à l’Écosse des compétences élargies, si le « non » venait à l’importer ce jeudi. Edimbourg pourrait alors bénéficier d’une autonomie accrue dans différents domaines. Cette promesse n’est pas passée inaperçue en Irlande du Nord. Le vice-Premier ministre Martin McGuinness en a profité pour demander les mêmes prérogatives que le voisin écossais. Le numéro 2 du Sinn Féin souhaiterait notamment le transfert des compétences sociales de Londres à Belfast.

L’Assemblée nord-irlandaise se trouve actuellement dans une impasse concernant la réforme du système de protection sociale. Le Premier ministre nord-irlandais Peter Robinson souhaite également davantage de pouvoir pour son Assemblée régionale. Farouchement opposé à l’indépendance de l’Écosse, le dirigeant unioniste voit en revanche dans la « dévolution » un moyen de renforcer le Royaume-Uni.

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