Espagne

Espagne: le projet de loi conservateur sur l’avortement s’éloigne

Les manifestants «Pro Vie» manifestent dans les rues de Madrid, dimanche 21 septembre.
Les manifestants «Pro Vie» manifestent dans les rues de Madrid, dimanche 21 septembre. REUTERS/Andrea Comas

Les «ProVie», c'est-à-dire les collectifs anti-avortement qui appuient inconditionnellement le projet de loi du ministre de la Justice Ruiz Gallardon, visant à réformer l'avortement en le rendant très restrictif, ont manifesté ce dimanche 21 septembre à Madrid. Alors que le gouvernement semble renoncer à ce projet - le texte n'a toujours pas été voté - plusieurs milliers de manifestants ont accusé le gouvernement conservateur de les avoir trahis.

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Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau

« Nous ne renoncerons pas à notre lutte. Nous ferons tomber le gouvernement s'il le faut, mais il n'a pas le droit aujourd'hui de nous faire défaut. » C'est le slogan et le message principal des collectifs « Pro Vie » qui ont défilé à Madrid. Ces nombreux Espagnols conservateurs et catholiques qui croyaient que la législation sur l'avortement allait être réformée.

Le tonitruant ministre de la Justice, Ruiz Gallardon, lui même catholique pratiquant l'avait promis avec un avant projet de loi très polémique. Dans ce texte, l'embryon, quelle que soit sa taille, a « des droits inaliénables, supérieurs aux droits de la femme ».

Dans la pratique, les Espagnoles enceintes n'auraient pu avorter qu'en cas extrême, c'est-à-dire de viol. Pour le reste, en cas de malformation ou d'accident, il n’en était pas question, une série d'obstacles avaient été prévus pour les décourager. Or, cette réforme qui faisait hurler les féministes et une bonne partie de l'opinion, le gouvernement Rajoy l'a rangée au placard. En pleine tempête avec l'indépendantisme catalan, il ne veut pas d'un autre conflit de ce calibre.

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