Azerbaïdjan

Azerbaïdjan: un opposant lauréat du Prix Vaclav Havel 2014

Les ONG locales des droits de l'homme dénoncent un renforcement de la répression contre l'opposition depuis la réélection du président Ilham Aliev, l'année dernière.
Les ONG locales des droits de l'homme dénoncent un renforcement de la répression contre l'opposition depuis la réélection du président Ilham Aliev, l'année dernière. (GNU Free Documentation License)

Le Conseil de l'Europe a décerné le 29 septembre son Prix 2014 des droits de l'homme Vaclav Havel à l'Azerbaïdjanais Anar Mammadli. Emprisonné depuis un an, ce militant est considéré comme un « prisonnier de conscience » par Amnesty International. En l'absence du lauréat, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, qui regroupe des députés de 47 pays d'Europe dont l'Azerbaïdjan, a décerné le prix à son père, Asaf Mammadov.

Publicité

Avec notre correspondant à Tbilissi, Régis Gente

L’attribution du Prix Vaclav Havel à un défenseur des droits de l'homme azerbaïdjanais, voilà qui devrait attirer l’attention sur la dérive dictatoriale de ce pays. En remettant ce prix à Anar Mammadli, fondateur du Centre pour l’observation électorale et les études démocratiques, le Conseil de l'Europe récompense en quelque sorte la cinquantaine des militants des droits de l’homme, journalistes, blogueurs et opposants politiques jetés en prison depuis plus de deux ans par le pouvoir du président Ilham Aliev.

Anar Mamaddli, 36 ans, a été condamné en mai dernier à cinq ans et demi de prison pour abus de pouvoir. Un chef d’accusation bien vague, qui dissimule mal le désir de revanche d’un régime qui n’a guère apprécié le fait que son organisation dévoile les fraudes massives qui ont conduit à la deuxième réélection d’Ilham Aliev à la tête de l’ex-république soviétique.

L’attribution du prix à un Azerbaïdjanais est saluée par les ONG de défense des droits des l’homme. Mais celles-ci regrettent que le Conseil de l’Europe n’ait pas été plus ferme dans ses condamnations des fraudes lors de la présidentielle de 2013, et a laissé Bakou, malgré ses graves manquements aux droits de l’homme, prendre la tête de son Comité des ministres.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail