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Royaume-Uni / Transports

Londres veut céder sa part de 40% dans Eurostar

Le train à grande vitesse Eurostar surgit du tunnel transmanche près de Calais, le 5 mai 2014.
Le train à grande vitesse Eurostar surgit du tunnel transmanche près de Calais, le 5 mai 2014. Reuters/Pascal Rossignol

L’opération annoncée l’an dernier par le gouvernement britannique est en marche depuis ce 13 octobre. Le ministre des Finances, George Osborne, confirme le début du processus de vente des 40 % que Londres détient dans le capital d’Eurostar, le train à grande vitesse qui relie la capitale britannique à Bruxelles et à Paris.

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Tout est prêt dès ce lundi donc pour la cession de la part de 40 % que possède le Royaume-Uni dans la compagnie ferroviaire transmanche Eurostar. La société qui a fêté son vingtième anniversaire cette année verrait ainsi pour la première fois entrer à son capital le secteur privé. Les autres détenteurs d’Eurostar sont la SNCF (France) qui dispose de 55 % du capital et la SNCB (Belgique), 5 %. 

Les Anglais partent, les Français restent

L’opération de cession s’inscrit dans le programme de réforme institué par le gouvernement conservateur de David Cameron pour réaliser des économies et réduire la dette publique. Plusieurs opérations de privatisations ont été ainsi prévues avec comme but de ramener dans les caisses de l’Etat quelque 20 milliards de livres (25,4 milliards d’euros) d’ici 2020. La première à être finalisée a été celle du groupe postal de la Royal Mail en 2013. Une opération de privatisation partielle qui a rapporté deux milliards de livres, mais qui a été vivement critiquée pour son prix jugé en dessous de la valeur réelle de la vénérable institution.

Cette fois, pour Eurostar, le gouvernement de Sa Majesté pourrait récupérer 300 millions de livres (381 millions d’euros) selon des estimations avancées en mars dernier. « Je suis déterminé à prendre les décisions nécessaires pour réformer l'économie britannique et réduire notre dette. Je vais donc lancer la vente potentielle de la part du Royaume-Uni dans Eurostar aujourd'hui », a confirmé ce 13 octobre, le ministre des Finances George Osborne.  

Les éventuels repreneurs sont ainsi invités officiellement à se manifester, mais on sait déjà que la SNCF n’a pas l’intention de reprendre tout ou partie des 40 % britanniques, pas plus qu’elle n’envisage de vendre ses parts dans cette filiale qui a « un intérêt stratégique majeur », a déclaré à l’AFP un porte-parole. C’est la banque d’investissement UBS qui a été choisie pour la vente. D’ores et déjà et sans surprise, ce sont des fonds de pension, des fonds d’investissement dans les infrastructures et des compagnies d’assurance qui ont donné les premiers signes d’intérêt.

Perte de monopole

Si une ou plusieurs des offres de ces investisseurs conviennent aux Britanniques, la vente pourrait être conclue en début d’année prochaine. Juste avant les prochaines élections générales qui auront lieu en mai. Et seulement une année avant qu’Eurostar ne perde son monopole ; en effet, la compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn pourra faire rouler ses trains de passagers dans le tunnel transmanche dès 2016 et ainsi concurrencer Eurostar.

Pour la seule année 2013, dix millions de passagers ont été transportés par Eurostar, totalisant ainsi plus de 140 millions de passagers depuis le début de son exploitation en 1994. Pour cette même année 2013, Eurostar a versé 7,4 millions de livres de dividendes au gouvernement britannique sur un total de 18,6 millions redistribués entre les trois actionnaires. 

Cette vente qui poursuit la dispersion des « bijoux de famille » est réprouvée par l’opposition travailliste et les syndicats. « Les Français et les Belges pensent que nous sommes fous de nous débarrasser d’un actif aussi stratégique et précieux », a tenu à commenter Mick Cash, le secrétaire général du syndicat des transports RMT (Rail, Maritime and Transport Union) qui a assuré qu’il se battrait bec et ongles pour que cette vente ne se fasse pas.

 

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