Ukraine / Législatives

Législatives ukrainiennes: un scrutin sur fond de conflit armé

Des affiches électorales dans la ville de Sloviansk en Ukraine, le 24 octobre.
Des affiches électorales dans la ville de Sloviansk en Ukraine, le 24 octobre. REUTERS/Vasily Fedosenko
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les élections législatives ukrainiennes ont lieu ce dimanche 26 octobre, soit huit mois après la révolution pro-européenne de Maïdan à Kiev et alors que la guerre continue dans l'est du pays. Un contexte qui risque de peser sur ce scrutin.

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Avec notre envoyée spéciale à Kiev, Anastasia Becchio

Le vote n’aura pas lieu dans les régions traditionnellement pro-russes du Donbass tenues par les séparatistes qui organisent leur propre scrutin le dimanche 2 novembre. Dans les régions de l’est de l'Ukraine, sous contrôle de Kiev, la population est fatiguée par la guerre et redoute des attentats le jour du scrutin. Elle ne devrait pas se précipiter pour aller voter. La carte électorale ukrainienne sera aussi amputée de la Crimée.

Par conséquence, les communistes qui réalisaient traditionnellement de bons scores dans la péninsule annexée par la Russie, et dans le Donbass, pourraient ne pas franchir la barre des 5 % pour siéger au Parlement. Quant au Parti des régions, qui se présente essentiellement sous les bannières de deux formations, Ukraine forte et le Bloc d’opposition, devrait obtenir des scores peu enviables. Mais ses représentants seront sans doute présents à la Rada.

Une Assemblée dont on peut dire qu’elle sera résolument pro-occidentale. Les derniers sondages donnaient ainsi une large avance au parti du président Porochenko.

Le nouveau Parlement qui sortira du scrutin de demain aura deux dossiers à traiter en priorité : la guerre dans l’est du pays et le conflit gazier avec la Russie, alors que les températures hivernales ce sont déjà bien installées dans le pays.


■ Vladimir Poutine remet en cause la légitimité des élections ukrainiennes

Avec notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne

Pour Vladimir Poutine, qui s'exprimait dans le cadre du club de réflexion Valdaï, le gouvernement ukrainien aurait violé l'accord de Minsk signé avec les séparatistes en fixant unilatéralement la date des élections. D'après le président russe, l'accord prévoyait une concertation entre Kiev et les séparatistes. « La guerre doit d'abord cesser et ensuite on pourra parler de rapprochement ou de dialogue », a déclaré le président russe.

Poutine met en garde contre la tentation d'une solution militaire, qui ne ferait que « mener à une impasse ». Mais il ne constate pas « de volonté de Kiev de résoudre la question des relations avec le sud-est de l'Ukraine par un processus pacifique de négociations ».

« Si l'Ukraine veut sauvegarder son intégrité, ajoute Vladimir Poutine, elle doit stopper la guerre et ouvrir le dialogue ». Selon lui, l’Ukraine « est un Etat composite, c'est un fait historique ». Et de terminer : « mais cela ne signifie pas que nous ne respectons pas la souveraineté de l'Etat ukrainien, maintenant et dans le futur. »

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