Géorgie

Géorgie: démissions en série au gouvernement

Le Premier ministre géorgien, Irakli Garibashvili, ici à Bruxelles, le 27 juin 2014.
Le Premier ministre géorgien, Irakli Garibashvili, ici à Bruxelles, le 27 juin 2014. AFP / OLIVIER HOSLET

Les démissions s’enchaînent au sein du gouvernement géorgien, en réaction au limogeage, mardi, du ministre pro-occidental de la Défense, Irakli Alassania, chef du parti Démocrates libres. Ces démissions ont déclenché une crise gouvernementale qui menace l’existence de la coalition au pouvoir.

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Le Premier ministre Irakli Garibachvili justifie le limogeage du ministre de la Défense en évoquant l’ouverture de poursuites judiciaires contre plusieurs hauts responsables de son ministère, accusés de corruption. Irakli Alassania, lui, rejette ces accusations comme « motivées politiquement ».

Des relations difficiles avec Bidzina Ivanichvili 

Agé de 40 ans, Irakli Alassania était considéré comme le membre du gouvernement géorgien le plus fermement pro-occidental, explique notre correspondant à Tbilissi Régis Genté. Il était notamment en charge du rapprochement avec l’Otan, priorité stratégique absolue de la petite république caucasienne dont les relations avec Moscou sont des plus délicates depuis l’indépendance du pays, en 1991.

Dès sa nomination au poste de ministre de la Défense, fin 2012, l’ancien diplomate a connu des relations difficiles avec le nouvel homme fort de la Géorgie, Bidzina Ivanichvili, un oligarque qui a fait fortune en Russie. A plusieurs reprises, le milliardaire, qui n’occupe plus de fonctions officielles mais contrôle l’échiquier politique géorgien, via le Premier ministre Irakli Garibachvili, avait humilié publiquement le jeune politicien. Que ce soit en commentant de supposées aventures extraconjugales ou en le rétrogradant de son poste de vice-Premier ministre, en février 2013, après qu’il ait affiché des ambitions présidentielles.

Ce que l’opposition et bien des commentateurs politiques craignent, c’est que le renvoi d’Irakli Alassania est le signe d’une volonté de M. Ivanichvili de casser les courants les plus pro-occidentaux du pays.

Démissions en cascade

Au lendemain de son limogeage, d’autres ministres appartenant au parti Démocrates libres ont décidé de démissionner en signe de protestation et de solidarité. Il s’agit notamment de la ministre des Affaires étrangères, Maïa Pandjikidze, et du secrétaire d’Etat à l’Intégration européenne, Alexi Petriachvili. Selon le vice-Premier ministre Kakha Kaladze, d’autres démissions devraient suivre prochainement.

En conséquence de la crise, les Démocrates libres risquent de passer à l’opposition, ce qui priverait la coalition Rêve géorgien, arrivée au pouvoir en 2012, de sa majorité parlementaire. En effet, le parti du ministre de la Défense limogé constitue le troisième plus nombreux groupe au Parlement géorgien.

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