Allemagne

Allemagne: 25 ans après, Berlin célèbre la chute du Mur

L'installation Lichtgrenze (frontière de lumière) le long du tracé de l'ancien mur de Berlin.
L'installation Lichtgrenze (frontière de lumière) le long du tracé de l'ancien mur de Berlin. REUTERS/Fabrizio Bensch

Le 9 novembre 1989, la division de la ville et de l’Allemagne prenaient fin. Moins d’un an après, la RDA communiste appartenait au passé avec la réunification. Un quart de siècle plus tard, Berlin fête comme il se doit cette date historique qui a marqué l’histoire du pays, de l’Europe et du monde.

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Il y a cinq ans, pour le vingtième anniversaire de cet événement, des morceaux de mur en carton-pâte décorés avaient été disposés le long du parcours de l’ancienne frontière séparant Berlin-Ouest de Berlin-Est. Tels des dominos géants, ils avaient été symboliquement renversés le 9 novembre au soir pour rappeler les événements de 1989. Cette année, les organisateurs ont eu une idée lumineuse.

Ce sont 8 000 lampes filigranes qui ont été installées le long de l’ancien mur dont il ne reste plus grand-chose aujourd’hui. Sur 15 des 155 kilomètres qui séparaient les deux parties de la ville, elles ont été installées dans les quartiers centraux où leur visibilité est la plus grande. Lorsqu’elles seront toutes allumées vendredi dans l’après-midi, on pourra à nouveau avoir une petite idée de ce mur aujourd’hui bien lointain, surtout pour les plus jeunes, et notamment de la brutalité avec laquelle cette cicatrice béante avait éventré Berlin.

Dimanche matin, les ballons surmontant les lampes seront remplacés par d’autres, contenant de l’hélium. Le 9 novembre, peu après 19 heures, 25 ans après la conférence de presse lors de laquelle un membre du bureau politique annonçait dans un cafouillage non prévu que les Est-Allemands avaient immédiatement le droit de voyager, les 8 000 ballons s’envoleront dans le ciel de Berlin aujourd’hui uni. Autant de volontaires auront auparavant pris place à côté d’une des lampes et lâcheront « leur » ballon accompagné d’un message personnel.

Au pied de la porte de Brandebourg, lieu emblématique de la division puis de la réunification de l’Allemagne et où une grande fête populaire se tiendra, le chef d’orchestre mondialement connu Daniel Barenboim, actif depuis des années à Berlin, dirigera la neuvième symphonie de Beethoven, l’hymne européen, qui fournira un accompagnement musical des plus symboliques au moment où les ballons messagers de la liberté et de l’espoir s’envoleront dans les airs. Car sans la chute du mur et ensuite la réunification de l’Allemagne, la fin de la guerre froide et de la division de l’Europe suivie de son unité n’auraient pas été possibles.

Durant trois jours - et sans compter les livres, les documentaires et autres suppléments dans la presse antérieurs -, Berlin fera un voyage de 25 ans dans l’histoire, mais s’interrogera aussi sur le chemin parcouru depuis. Au travers des cérémonies officielles comme au Parlement vendredi matin où le dissident est-allemand, le chanteur Wolf Biermann que son pays avait déchu de sa citoyenneté sera présent. Ou encore dimanche avec une autre cérémonie organisée par la ville de Berlin où le président du Parlement européen Martin Schulz prendra la parole. Mikhaïl Gorbatchev, le « Gorbi » tant applaudi par les Allemands de l’Est à l’automne 1989, sera sur place. Sans la pression de Moscou à l’époque sur le régime communiste est-allemand, ce dernier se serait sans doute agrippé plus longtemps au pouvoir ou aurait opté pour une répression plus violente. Lech Walesa, l’ancien dirigeant du syndicat « Solidarité » en Pologne sera également à Berlin pour souligner que son pays dès le début des années 1980 avait constitué avec sa révolte contre un régime comparable à celui de la RDA un modèle pour son voisin.

Le travail de mémoire ne sera pas en reste durant ces trois jours. De nombreuses visites guidées seront organisées le long du parcours de l’ancien mur. Des témoins de l’époque prendront la parole. Des panneaux explicatifs installés dans les rues pour l’occasion livreront des informations souvent utiles pour les passants, illustrant une réalité aujourd’hui difficile à appréhender. Dans la Bernauer Strasse, cette rue séparant les secteurs soviétique et français où ont eu lieu lors de la construction du mur en août 1961 les scènes les plus tragiques, une nouvelle documentation du mémorial du mur sera inaugurée dimanche par Angela Merkel. Près de 500 000 personnes avaient visité en 2013 l’ancienne exposition et 850 000 le site en plein air qui permet in situ de se faire sur place une idée de la dramatique réalité de la division de la ville.

La manifestation principale se tiendra au pied de la porte de Brandebourg dimanche à partir de 14 heures. De nombreux artistes allemands - de l’Ouest comme de l’Est - et étrangers s’y produiront. Les deux dirigeants est-allemands de l’Allemagne de 2014, le président de la République Joachim Gauck et la chancelière Angela Merkel seront également présents.

L'histoire du mur de Berlin

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