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Espagne

Espagne: les Catalans ont dit «oui» à l'indépendance

Des pro-indépendance catalans arborent leur drapeau lors d'un meeting, le 9 novembre à Barcelone.
Des pro-indépendance catalans arborent leur drapeau lors d'un meeting, le 9 novembre à Barcelone. AFP PHOTO/ JOSEP LAGO
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le vote « symbolique » sur l'indépendance de la Catalogne est un « succès total » , a déclaré dimanche soir le président du gouvernement autonome catalan. Les autorités régionales ont annoncé une participation de plus de 2 millions de votants, soit près de 40% de l’électorat. C’est presque autant que la participation aux législatives de 2012. Quelque 80,7% des participants ont voté pour l'indépendance, selon des résultats provisoires.

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« Un succès total » : c’est l’expression enthousiaste et triomphante employée par Artur Mas, le leader nationaliste au pouvoir à Barcelone, qui était à l’origine de cette consultation inédite, officieuse, sans effet juridique et organisée par des bénévoles. Artur Mas a en effet de quoi être satisfait ; au sortir des législatives de décembre 2012, il avait lié son sort personnel à l’organisation d’un référendum d’autodétermination, rappelle notre correspondant à Madrid François Musseau. Or, le score du « oui » à cette consultation, menée outre les interdictions de Madrid et du Tribunal constitutionnel, dépasse toutes ses espérances : 80,7%, selon des résultats encore provisoires. Cela représente plus d'un million et demi de voix, sur 5,4 millions de votants.

A l'adresse de Madrid, M. Mas a déclaré à l'issue du suffrage : « Vous devez nous organiser désormais un vrai référendum d'autodétermination pleinement légal. Jusqu'ici, vous avez été intolérants. » Car les Catalans ont répondu deux fois « oui ». D'abord à la première question, « Souhaitez-vous que la Catalogne soit un Etat ? », et à la deuxième question, « Souhaitez-vous qu'il soit indépendant ? » Les indépendantistes ne s’attendaient pas à une telle affluence. La majorité des opposants à l’indépendance avaient boycotté le scrutin, considéré comme illégal par le gouvernement espagnol, qui estime que les Espagnols, dans leur ensemble, ont le droit de se prononcer sur l'avenir de la Catalogne.

Un vrai référendum, qui aurait été pleinement légal et suivi d’effets, n’a pas eu lieu ; il avait été interdit par la justice espagnole. Mais l’objectif originel de la consultation a été atteint : il s'agissait de montrer qu’une bonne partie du peuple catalan veut s’exprimer en bonne et due forme, comme ont pu le faire par le passé les Ecossais ou les Québécois. Le président du gouvernement autonome catalan a martelé : « Que personne ne l'oublie, en particulier le gouvernement espagnol : la Catalogne a démontré une fois de plus qu'elle veut se gouverner seule et que nous sommes suffisamment grands et adultes pour le faire. »

Pari réussi

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy n'a pas voulu accorder d'importance à ce vote, car il est sans effet, martèle-t-il. Mais il sera difficile de tenir ce discours bien longtemps. Pour bon nombre d'observateurs, unanimes dans la presse toutes tendances confondues, la réussite de la consultation pourrait l'obliger à négocier avec les séparatistes catalans, dont le leader Artur Mas appelle lui aussi au dialogue. D’autant que cette consultation s’est déroulée, dans la région la plus riche d'Espagne, contre vents et marées : déclarée illégale par les juges du Tribunal constitutionnel, et sans que les nationalistes au pouvoir à Barcelone ne puissent intervenir, tout ou presque a été organisé par 40 000 volontaires dans 938 municipalités.

Seules cinq bourgades n’ont pas joué le jeu, et tout s’est déroulé dans la normalité, la sérénité, et sous une pluie fine qui n’invitait pas à sortir de chez soi. Les incidents sont très peu nombreux. À noter, tout de même : l’irruption de cinq ultras aux cris de « Vive l’Espagne ! », dans une école transformée en collège électoral, à Gérone. Ces jeunes ont été interpellés par la police régionale. A Madrid, on se moque d'une « farce démocratique ». Même symbolique, un référendum a pourtant bel et bien eu lieu. Et quoi qu’en dise le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, il y a du souci à se faire.

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