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Serbie

Belgrade: arrivée remarquée de l'ultranationaliste Vojislav Seselj

L'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj à son quartier général à Belgrade, le 12 novembre.
L'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj à son quartier général à Belgrade, le 12 novembre. REUTERS/Marko Djurica
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Rentré mercredi 12 novembre à Belgrade après avoir été remis en liberté provisoire par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj s'est attaqué à la justice internationale et a qualifié les dirigeants serbes de « renégats et traîtres ». Plusieurs centaines de militants l’attendaient à l’aéroport.

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Avec notre correspondant à Belgrade, Laurent Rouy

Ils étaient un bon millier à l’aéroport pour accueillir Vojislav Seselj, l’ancien leader ultraradical, libéré par le tribunal de La Haye pour raisons de santé. La foule a scandé des insultes envers le Premier ministre, ancien allié de Seselj devenu depuis pro-européen. Les supporters de l’idéologue de la « Grande Serbie » conspuaient aussi les pays voisins et l’Occident, ainsi que le tribunal de La Haye, qui il est vrai, a échoué à juger Seselj pendant les 12 ans de sa détention préventive.

« Je suis étonnée qu’on soit si peu, s’étonne une supportrice radicale. Les fascistes croates sont attendus à bras ouverts à Zagreb, mais on dirait que les Serbes ont honte de leur héros victorieux. De celui qui a vaincu le tribunal de La Haye, tout en lui payant un si lourd tribut. »

A peine arrivé, Vojislav Seselj s’est rendu au Parti radical de Serbie dont il est toujours président. La formation politique jadis si forte n’avait reçu que 3 % des voix aux dernières élections, mais Seselj, qui du balcon s’est adressé à la foule, a promis de renverser le Premier ministre et le président, désignés comme traîtres. Il a aussi affirmé avoir vaincu le tribunal de La Haye, qui l’a libéré sans aucun jugement malgré des accusations de crimes contre l’humanité. Seselj et le parti radical prévoient un meeting politique samedi à Belgrade. L’occasion de voir de quel soutien réel peut se prévaloir aujourd’hui l’homme qui a fait trembler les Balkans dans les années 90.


Voislav Seselj : « la personnification de la violence primitive »

Voijslav Seselj est encore le chef influent des ultranationalistes Serbes lorsqu’il est inculpé de crimes de guerre par le tribunal pénal international en 2003. Professeur de droit et de sciences politiques, il se rend lui-même à La Haye pour plaider non coupable.

Incarcéré, il multiplie les provocations et les incidents de procédure. Il refuse de comparaître, fait la grève de la faim, rejette l’assistance d’un avocat. En 2009, il sera condamné à 15 mois de prison ferme pour avoir publié les noms et les photos de témoins protégés. Cardiaque, iI tombe malade à plusieurs reprises.

En 2012, le procès semble toucher à sa fin. Le procureur réclame contre lui une condamnation à 28 ans de prison. Son état de santé se dégrade et il est opéré d’un cancer du colon. En le libérant pour des raisons humanitaires, le Tribunal semble vouloir éviter qu’il meure derrière les barreaux et avant la fin de son procès comme Slobodan Milosevic. Milosevic qui considérait Voislav Seselj comme « la personnification de la violence primitive ». Lui se perçoit comme l’héritier des Tchetniks, ces milices serbes qui ont collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

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