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Ukraine

Maïdan, un an après: quid des réformes?

Des manifestants sous un énorme drapeau de l’Union européenne sur la place de l'Indépendance à Kiev, en Ukraine,  le 27 novembre 2013.
Des manifestants sous un énorme drapeau de l’Union européenne sur la place de l'Indépendance à Kiev, en Ukraine, le 27 novembre 2013. Mstyslav Chernov/CC/Wikimedia Commons
Texte par : Sébastien Gobert
3 min

Il y a un an, jour pour jour, le 21 novembre 2013, le gouvernement ukrainien de l’autoritaire président Victor Ianoukovitch annonçait qu’il ne signerait pas un accord d’association ambitieux avec l’Union européenne. En réaction, une poignée de militants civiques ont commencé l’occupation de Maïdan Nezaleznojsti, la place de l’Indépendance à Kiev. Une histoire ukrainienne, loin d’être terminée...

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Les révolutionnaires de Maïdan ne regrettent rien, et ils seraient prêts à recommencer si nécessaire. Pour la poignée de citoyens qui s’étaient mobilisés à partir du 21 novembre dernier, il s’agissait d’exiger du gouvernement de l’autoritaire Victor Ianoukovitch qu’il honore sa promesse de signer un accord d’association avec l’Union européenne. Avec en toile de fond, l’idée de faire de l’intégration européenne un outil pour lutter contre une corruption endémique, pour renforcer l’Etat de droit, le respect des droits de l’homme et de la liberté de la presse, pour moderniser une économie moribonde. Parce que dans l’Ukraine du régime policier et kleptomane de la famille de Victor Ianoukovitch, il y avait de moins en moins de perspectives et de libertés.

Un Ukrainien expliquait ainsi à RFI, il y a plus d’un an, qu’une des principales différences entre l’Ukraine et l’Europe, c’était qu’en Europe, on n’avait pas peur de demander sa direction dans la rue à un policier. C’est vraiment pour cela que la révolution de l’EuroMaïdan, s’appelle la « révolution de la dignité ». Evidemment, tout le monde déplore les morts de la révolution à la fin février, et l’engrenage vicieux qui s’est déclenché après, menant à la perte de la Crimée et à la guerre du Donbass. Mais au moins, pour des millions d’Ukrainiens, le couvercle de la casserole a sauté, il y a un vent de réforme qui souffle, et des perspectives de changement.

Mais ces changements se font attendre. L’Ukraine souffre d’une crise généralisée, aux niveaux militaire, économique, financier, social ou encore énergétique, et les réformes en pâtissent. Les réformes économiques ? Elles sont timides, paralysées par l’amputation des centres industriels du Donbass. La lutte contre la corruption ? Elle est reléguée au second plan, alors que des millions d’Ukrainiens entament l’hiver dans une approche de survie. De même, les oligarques, qui étaient des cibles privilégiées des révolutionnaires, sont ménagés par le gouvernement afin de s’assurer de leur loyauté patriotique. L’agenda révolutionnaire a été phagocyté par la situation, les changements se font attendre.

Les dirigeants sous pression

Le renouvellement des classes dirigeantes est une des priorités. Une loi votée début septembre initie un processus d’épuration de l’administration. Mais on est loin d’une thérapie de choc, le processus va traîner en longueur. Les résultats ne seront visibles qu’en 2017, au plus tôt.

Deuxième réforme importante, celle du système judiciaire. Mais là-dessus aussi, les changements vont être longs et difficiles. Les Ukrainiens ne font pas confiance à leurs dirigeants, et ils les maintiennent sous pression, sous contrôle. La révolution a été conduite « par le peuple, pour le peuple », et malgré les circonstances dramatiques que l’on connaît, il n’entend pas se la faire voler.

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