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Russie / France

Mistral: la livraison à la Russie reportée «jusqu'à nouvel ordre»

Le porte-hélicoptères «Vladivostok», de type Mistral, que la France était supposée livrer à la Russie fin 2014, quitte le port de Saint-Nazaire pour un premier essai en mer, le 5 mars 2014.
Le porte-hélicoptères «Vladivostok», de type Mistral, que la France était supposée livrer à la Russie fin 2014, quitte le port de Saint-Nazaire pour un premier essai en mer, le 5 mars 2014. AFP PHOTO / FRANK PERRY
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Prise en étau entre ses alliés de l'Otan et la Russie, la France a reporté ce mardi 25 novembre «jusqu'à nouvel ordre» la livraison du premier navire de combat Mistral commandé par Moscou, suspendue par Paris au règlement de la crise en Ukraine. 

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Le communiqué de trois lignes et demi, publié ce mardi après-midi par l’Elysée, laisse toutes les portes ouvertes, à un moment où Paris subit des pressions de toutes part.

Cette annonce très brève à la formulation assez vague témoigne tout d’abord de la volonté de la France d’afficher sa préoccupation après les annonces venues de Kiev, dénonçant la présence de soldats et de matériel militaire russe dans l’est de l’Ukraine. Mais sera-t-elle de nature à infléchir la politique de Moscou dans ce domaine ? Rien n’est moins sûr.

La Russie a réagi avec retenue à cette annonce de l’Elysée. Le vice-ministre de la Défense, Iouri Borissov, explique que son pays ne va pas « pour l'instant » poursuivre en justice la France, et qu’il va attendre « patiemment ».

Jusqu’où ira cette patience ? Sans doute, à la date butoir fixée par le contrat, mais qui, pour l’heure, est tenue secrète. Passé un certain délai, qui pourrait être de trois mois, selon une source au ministère russe de la Défense, la France se verrait contrainte de payer des pénalités.

Il y a quelques jours encore, l'Elysée assurait qu'il restait du temps. Du temps qui va être mis à profit pour continuer à discuter en coulisses. En attendant, les 400 marins russes présents à Saint-Nazaire, ont terminé leur formation sur le Vladivostok, le premier des Mistral commandés par la Russie.

Philippe Migault, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques:


La Russie réclamera des pénalitéssi les Mistral ne sont pas livrés
Avec notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne

D’après une source au ministère de la Défense citée par Interfax, la Russie est convaincue que son premier porte-hélicoptères sera livré dans les délais, car le contrat prévoit la possibilité de repousser la date de livraison de trois mois, c’est-à-dire jusqu’à la mi-février. Pour Moscou, Paris profite de cette clause pour faire du bruit et faire croire qu’elle essaie de faire pression  sur la Russie. Selon cette même source, «Si la Russie pouvait refuser cette livraison, elle l’aurait déjà fait. Malheureusement, elle ne le peut pas ».

Cette déclaration reflète un point de vue exprimé de plus en plus souvent à Moscou : finalement, la Russie pourrait se passer de ce porte-hélicoptères, et c’est la France qui serait bien embêtée s’il lui reste sur les bras. Car ce Mistral a été conçu spécialement pour la flotte russe, et il serait difficile de le vendre à un pays tiers.

Le vice-ministre de la Défense Youri Borisov affirme d’ailleurs que la modernisation de la flotte russe n’en souffrirait pas. Et il confirme que la Russie n’intentera pour l’instant aucune action. Mais si les Mistral ne sont pas livrés, alors Moscou réclamera des pénalités. Pour Alexei Pouchkov, chef de la commission des Affaires étrangères,  Paris cherche à garder l’équilibre entre ses engagements vis-à-vis de la Russie, et vis-à-vis de l’Union européenne et de l’Otan. Mais la France sera bien obligée de faire un choix !

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