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Union européenne/Vatican

Le pape à Strasbourg pour redonner de l’élan à une Europe assoupie

Le pape doit se rendre au Parlement européen où il prononcera un discours, puis au Conseil de l’Europe.
Le pape doit se rendre au Parlement européen où il prononcera un discours, puis au Conseil de l’Europe. Reuters
Texte par : Geneviève Delrue
4 mn

Le pape est à Strasbourg ce 25 novembre. Il doit se rendre au Parlement européen où il prononcera un discours, puis au Conseil de l’Europe. François a répondu à l’invitation du président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, qui attend du pape argentin qu’il vienne secouer une Europe amorphe et qui doute d’elle-même.

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Cette visite à Strasbourg est un évènement, car même s'il est classique que des chefs d’Etat ou des personnalités de dimension internationale viennent s’exprimer dans l’enceinte du Parlement européen, la dernière visite d’un pape dans la ville européenne remonte à 1988, c’était Jean Paul II. Un an donc avant la chute du mur de Berlin, l’Europe comptait alors 12 pays. Aujourd’hui, 28 Etats composent l’Europe et le mur de Berlin appartient désormais à l’histoire du XXe siècle.

Mais surtout, c’est une Europe en crise avec une moyenne de 10% de chômage à laquelle le pape argentin va s’adresser, une Europe qui a perdu l’élan et l’enthousiasme de sa fondation. L’espérance, l’énergie que la construction européenne a pu susciter dans les décennies qui ont suivi l’après-guerre ont laissé la place au scepticisme, voire au rejet. On le voit non seulement avec la montée des eurosceptiques mais aussi celle des revendications régionales, on l’a vu récemment avec la Catalogne.

Que va dire le pape François ?

Le souverain pontife va s’adresser aux 751 eurodéputés, mais il va aussi délivrer un message à plus de 500 millions de citoyens. Le pape Jean-Paul II fut un grand promoteur de l’Union européenne et il portait la vision chrétienne des pères fondateurs. Donc, son discours, comme celui de Benoit XVI plus tard, a beaucoup porté sur les racines chrétiennes que l’Europe se refusait selon lui d’assumer. On se souvient que dans le préambule de la Constitution, celles-ci ne furent pas mentionnées.

Alors, changement de contexte et d’époque : le pape François accorde une grande place aux questions sociales, au chômage des jeunes, à la précarité des familles et aux nouvelles pauvretés. Et ce pape qui vient d’Amérique latine, issu d’une famille italienne qui a émigré en Argentine, est très sensible à la question des migrants. C’est pourquoi son premier déplacement hors de Rome le 8 juillet 2013, il l’avait réservé à Lampedusa, l’ile italienne au nord de la Sicile où arrivent - ou, pire, échouent - des embarcations de fortune avec des milliers de migrants.

On se souvient de sa formule, « la mondialisation de l’indifférence », pour évoquer l’attitude d’une Europe qui fermait les yeux sur ce drame des migrants. On peut donc s’attendre à ce qu’il appelle les députés à faire une vraie politique migratoire dans le style « pape François », avec des mots-chocs. C’est un communicant.

Une Europe « fatiguée »

Le pape s’est même demandé si l’Europe jouait encore un rôle, pour le monde, de mère ou désormais de grand-mère ! Il y a en effet la crise économique, mais pour le pape François comme du reste pour Benoit XVI avant lui, l’Europe n’a plus l’élan de ses pères fondateurs, qui étaient tous des démocrates chrétiens, de Jean Monnet à Alcide de Gasperi, Konrad Adenauer mais aussi Helmut Schmidt.

L’Europe est passée de la démocratie chrétienne au social-libéralisme avec les laissés-pour-compte du système, notamment le chômage en masse des jeunes, 60% pour les moins de 24 ans en Espagne et près de 40% en Italie. On peut s’attendre ainsi à ce qu’il vienne dire son opposition à une économie qui exclut. Quid de l’impact de ce discours ? Le pape reste le pape, il n’a pas de divisions. C’est une référence morale. Il vient redonner de l’élan à une Europe assoupie et qui surtout doute d’elle-même.

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