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Droits des femmes

Il y a 40 ans, le Parlement français ouvrait le débat sur l'avortement

Simone Veil, ministre de la Santé dans le gouvernement Giscard-Chirac, lors de son discours historique du 26 novembre 1974.
Simone Veil, ministre de la Santé dans le gouvernement Giscard-Chirac, lors de son discours historique du 26 novembre 1974. AFP PHOTO
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le 26 novembre 1974, l'Assemblée nationale française commençait à se pencher sur le contenu de la loi légalisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Le texte de loi était alors porté par la ministre de la Santé de l'époque, Simone Veil. La loi sera adoptée quelques jours plus tard, par 284 voix contre 189. Mais le combat aura été rude. Ce 26 novembre 2014, une résolution doit être adoptée pour réaffirmer le droit à l'avortement.

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Le 26 novembre 1974, Simone Veil, alors ministre de la Santé, monte à la tribune de l'Assemblée nationale. Pendant une heure, elle prend la parole devant un hémicycle qui compte neuf femmes pour 481 hommes. Visiblement tendue, elle trébuche sur certains mots, mais sa voix est calme. Dans les tribunes, des femmes sont venues en masse écouter la ministre.

Après un discours applaudi par la gauche suivent 25 heures de débat. Simone Veil subit les insultes, qui viennent souvent de sa propre majorité, la droite. Deux députés diffusent dans l'hémicycle des battements d'un cœur de fœtus âgé de quelques semaines. Jean Foyer, ancien garde des Sceaux du général de Gaulle, parle d'« avortoirs » : des abattoirs où s'entasseraient des cadavres de petits hommes.

Simone Veil est aussi prise à partie. Ancienne rescapée des camps de concentration, elle écoute le député gaulliste Hector Rolland lui reprocher « le choix d'un génocide ». Au total, 74 orateurs prendront tour à tour la parole. La loi est finalement adoptée dans la nuit du 29 novembre 1974, puis promulguée en janvier 1975. Elle n'autorise l'interruption volontaire de grossesse (IVG) que pour cinq ans. Il faudra attendre 1979 pour que l'autorisation soit rendue définitive en France.

Une résolution votée exactement 40 ans plus tard

« Personne ne veut remettre en cause la loi sur l’IVG », témoigne désormais Jacques Myard, député UMP. Mais le sujet suscite pourtant toujours certaines crispations chez une partie des élus de droite. « C’était une grande victoire pour les femmes, confie la députée UMP Isabelle Le Callennec, mais je pense qu’aujourd’hui il faut quand même faire très attention à ne pas banaliser l’IVG. »

Pour réaffirmer ce droit qu’elle considère comme fondamental, la majorité de gauche va faire voter ce mercredi une résolution. « La contraception et l’IVG, c’est l’habeas corpus moderne des femmes, c’est leur protection, leur droit de choisir leur fécondité » analyse l’élue socialiste Catherine Coutelle, à l’origine de ce texte.

« C’est un droit qui est acquis, mais qui n’est jamais définitivement acquis, ajoute-t-elle. Il suffit de prendre l’exemple de l’Espagne pour le constater, et c’est pour ça qu’il faut une résolution signée par l’ensemble des groupes. » Une résolution qui devrait être adoptée à une très large majorité.

Extrait du discours de Simone Veil devant l'Assemblée nationale, le 26 novembre 1974

 

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