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Europe

Croissance en Europe: Juncker dévoile son plan à 315 milliards d'euros

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, le 26 novembre 2014 devant le Parlement européen.
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, le 26 novembre 2014 devant le Parlement européen. REUTERS/Vincent Kessler
Texte par : RFI Suivre
3 min

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dévoilé devant le Parlement européen le projet phare de son mandat : un plan destiné à mobiliser plus de 315 milliards d'euros pour les investissements en Europe afin de relancer la croissance. Le pilotage du plan, prévu sur trois ans, sera assuré par la Banque européenne d'investissements qui gérera un nouveau Fonds européen pour les investissements stratégiques. Ce dernier soutiendra des projets plus risqués que ceux que la BEI finance habituellement. Pour Jean-Claude Juncker, le plan doit être mis en œuvre de manière souple, efficace, et surtout pas trop « politisée ».

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Ce plan est destiné à relancer la croissance et le marché de l’emploi en Europe. Devant les eurodéputés, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a été clair sur les objectifs et le mode de fonctionnement : « Nous avons besoin d’un aval et d’un soutien politique. Nous n’avons pas besoin d’une politisation du plan, pas de jeu politique avec les projets, pas de liste de vœux nationaux. »

Comme le relate notre envoyé spécial à Strasbourg, Piotr Moszynski, l’idée du plan est d’engager relativement peu d’argent public pour attirer de gros fonds privés. Pour démarrer, le plan ne disposera que de 5 milliards d’euros en « cash », plus 16 milliards d’euros en garanties des Etats membres. Les auteurs du plan espèrent enclencher un mécanisme classique appelé « effet de levier ».

Le nouveau plan s'appuiera donc sur une partie du budget européen et sur la BEI, la Banque européenne d’investissement, qui doivent apporter 21 milliards d'euros en garanties pour attirer des investisseurs privés. 

Attirer les investisseurs privés

Les investisseurs privés, encouragés par les garanties publiques destinées aux projets sûrs dans les domaines porteurs, comme l’énergie ou l’éducation, devraient apporter des montants quinze fois plus élevés que la somme initiale. Jean-Claude Juncker espère avec ce fonds retrouver la confiance des investisseurs et il l’admet lui-même : « Il s’agit d’un important test de crédibilité qui être convaincant pour les investisseurs privés et les marchés financiers mondiaux. »

Son mode de fonctionnement et les critères d’attribution des fonds n’ont pas encore été dévoilés mais certaines règles sont déjà claires : « Le plan n’est pas un guichet automatique et le fonds ne sera pas une banque. Nous avons besoin d’un mécanisme souple qui soit simple d’utilisation pour les investisseurs et les pouvoirs publics. Un mécanisme qui puisse évoluer et se développer au fil de temps, qui ne soit pas limité par la logique de cloisonnement de pré-affectation sectoriel ou géographique. »

Les bénéficiaires de cette aide financière de 315 milliards d’euros sont aussi établis par le président de la Commission européenne. C’est « un mécanisme crédible qui s’appuie sur des structures établies et qui garantissent la responsabilité. Un mécanisme qui drainera vers les pays qui ont le plus souffert de la crise l’essentiel des investissements envisagés. »

Des critiques de l'extrême gauche et des Verts

Les réactions au Parlement européen sont globalement positives. On espère sortir l’Europe de son marasme économique, mais aussi susciter plus d’enthousiasme et d’espoir parmi les Européens.

Alain Lamassoure, eurodéputé français du groupe parlementaire du centre-droit PPE, est élogieux vis-à-vis du plan: « Je suis très impressionné parce que la Commission européenne n’est en fonction que depuis 3 semaines et elle nous propose déjà un plan qui consiste à ce que l’Europe- qui était tournée vers le passé - se tourne résolument vers l’avenir, le prépare et l’engage de manière concrète avec un programme d’investissements crédible et dont le financement et les modalités sont assez décoiffants. Je trouve que c’est une initiative très remarquable. »

Les critiques viennent notamment du côté de l’extrême gauche et des Verts. Ils craignent de voir le secteur privé empocher les bénéfices, et le secteur public financer les pertes. Philippe Lamberts, eurodéputé belge du groupe des Verts, n'est pas convaincu: « Juncker vient avec quelque chose, c’est mieux que rien. Cela dit il vient avec quelque chose relativement modeste puisqu’il s’agit en fait d’utiliser 21 milliards d’euros déjà budgétés, dans l’espoir de mobiliser 315 milliards au total d’argent principalement privé. Donc, un effet levier de 15 fois plus, c’est quelque chose qui semble à priori peu crédible. Sur le volume, on peut se poser des questions. »

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