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Turquie/Russie

Poutine et Erdogan renforcent leur partenariat à Ankara

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan lors de leur rencontre à Ankara, le 1er décembre.
Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan lors de leur rencontre à Ankara, le 1er décembre. REUTERS/Mikhail Klimentyev/RIA Novosti/Kremlin
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le président russe Vladimir Poutine était en visite en Turquie lundi 1er décembre. Il a rencontré son homologue turc à Ankara et les deux hommes ont annoncé le renforcement des relations commerciales entre les deux pays. Ceci malgré des sujets de divergence non négligeables, comme l’Ukraine et surtout la Syrie.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Pour les Turcs, l’important dans cette visite, c’était le prix du gaz russe, qu’ils souhaitaient voir baisser, et le volume des importations, qu’ils voulaient voir augmenter. Ils ont eu gain de cause, et dans l’immédiat, à l’approche de l’hiver, c’est bien l’essentiel. D’autant que le sommet du haut conseil de coopération russo-turc que présidaient les deux chefs d’Etat a décidé de renforcer encore sensiblement les échanges entre les deux pays. D’un peu moins de 33 milliards de dollars aujourd’hui, Ankara et Moscou se sont fixés pour objectif d’atteindre 100 milliards en 2023.

La coopération énergétique est au cœur de cette idylle économique, avec la moitié du gaz consommé en Turquie qui est russe. Parmi les huit accords signés lundi figure d’ailleurs la construction en partenariat d’un second gazoduc passant sous la mer Noire. Les Russes vont également bientôt entamer la construction de la première centrale nucléaire de Turquie, sur la côte méditerranéenne. Moscou doit aussi envoyer dans l’espace un second satellite de télécommunications turc l’an prochain.

Que ce soit le tourisme, internet, la coopération juridique et fiscale, les relations entre les deux pays affichent une belle marge de progression. Dans ce cadre, il ne fallait guère s’attendre à ce que les deux hommes affichent leurs désaccords, que ce soit sur l’Ukraine ou sur la Syrie. Poutine et Erdogan ont juste confirmé qu’ils n’avaient pas la même vision de ces deux crises, sans en faire un sujet de différend.

Le sort des Tatars

Concernant l’Ukraine, au-delà du rappel de principe de la volonté d’un règlement sur la base du droit international, c’est le sort des Tatars de Crimée qui intéresse avant tout les Turcs. Sur ce point, M. Erdogan s’est félicité des engagements « très positifs » du président russe, à savoir l’extension des droits communautaires des Tatars comme la reconnaissance de leur langue qui est justement le turc, et des canaux de communication directs qui leur seront réservés avec la Turquie.

Au sujet de la Syrie, les choses sont plus compliquées mais il semble bien que l’arrivée sur le devant de la scène de l’organisation Etat islamique a rapproché les positions des deux pays, ou en tous cas gommé leur antagonisme. « Nous voulons tous les deux la fin de la guerre, mais nous divergeons sur le comment », a résumé M. Erdogan. « La situation ne me satisfait pas, mais Bachar el Assad a été élu », a commenté M. Poutine.

Il y a quelque temps, Ankara fustigeait le soutien russe à un régime « terroriste », et Moscou dénonçait l’appui de la Turquie à des groupes « terroristes » rebelles. Cette rhétorique ne fait désormais plus partie de leurs échanges, les deux chefs d’Etat ont préféré évoquer la recherche d’une solution au niveau d’une nouvelle plateforme régionale, qui inclurait par exemple l’Iran, a dit M. Erdogan sans détailler.

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