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Allemagne

Pediga: recrudescence des manifestations xénophobes en Allemagne

Manifestation du 15 décembre 2014 à Dresde, à l'initiative du mouvement islamophobe des Pegida.
Manifestation du 15 décembre 2014 à Dresde, à l'initiative du mouvement islamophobe des Pegida. REUTERS/Hannibal Hanschke

Une manifestation a rassemblé 15 000 personnes à Dresde, en Allemagne, lundi 15 décembre. Un défilé contre « l'islamisation » et les « demandeurs d'asile criminels ». Ces rassemblements, qui comptent beaucoup de militants d'extrême-droite, se sont multipliés ces dernières semaines dans le pays. La semaine dernière, 10 000 personnes avaient déjà défilé à l'appel du groupe Pegida, un mouvement islamophobe né en octobre. Les Pediga appellent à descendre dans la rue chaque lundi pour obtenir un durcissement du droit d'asile.

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Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

Les débats consacrés aux manifestations, de plus en plus nombreux dans les médias et dans la classe politique, ont-ils profité aux organisateurs ? Après 10 000 personnes la semaine dernière, les Pegida (Patriotische Europäer Gegen die Islamisierung des Abendlandes, Patriotes européens contre l'islamisation de l’Occident) étaient 15 000 ce lundi à Dresde, en Saxe (ancienne Allemagne de l'Est).

Plusieurs milliers de contre-manifestants se sont retrouvés dans la capitale de la Saxe. Un sondage montre que le mouvement bénéficie d’un terreau, puisqu’un Allemand sur deux fait preuve de compréhension pour Pegida. Trois personnes sur quatre craignent une montée en puissance de l’islam radical en Allemagne. Et une majorité d'Allemands pense que le pays accueille trop de réfugiés.

La classe politique ne sait pas trop comment réagir. Le ministre de la Justice, un social-démocrate, a parlé d’une honte pour l’Allemagne. D’autres se refusent à considérer tous ces manifestants comme des néonazis en puissance. Ce lundi, Angela Merkel a opté pour une voie médiane: « L’Allemagne garantit le droit de manifester, mais nous rejetons l’incitation à la haine et la calomnie contre des personnes qui viennent s’installer dans notre pays. Et chacun doit prendre garde à ne pas se faire instrumentaliser par les initiateurs de ces manifestations. »

Quelques questions se posent désormais : le mouvement va-t-il prendre encore de l’ampleur ou souffrir de la pause de Noël ? Proches des organisateurs, les eurosceptiques de l'AfD (Alternative für Deutschland, Alternative pour l'Allemagne) vont-ils profiter, voire récupérer le mouvement ? Rendez-vous est donné en janvier.


■ ANALYSE

Pour Gilbert Casasus, professeur en études européennes à l'université de Fribourg, en Suisse, le phénomène de ces rassemblements hostiles aux immigrés, et en particulier aux demandeurs d'asile et aux musulmans, doit être pris au sérieux. Son témoignage sur RFI :

Cette pancarte appelle à rejeter les guerres religieuses du sol allemand, plaçant les nazis et Daesh dans le même sac. Mais l'acronyme du mouvement se réfère explicitement à l'islam. Dresde, 15 décembre 2014.
Cette pancarte appelle à rejeter les guerres religieuses du sol allemand, plaçant les nazis et Daesh dans le même sac. Mais l'acronyme du mouvement se réfère explicitement à l'islam. Dresde, 15 décembre 2014. REUTERS/Hannibal Hanschke

« Ce mouvement est très inquiétant. Ce n’est pas un mouvement organisé de l’extrême-droite, ce n’est pas un groupuscule néonazi, ce n’est pas un parti d’extrême-droite. Mais c’est un mouvement qui a une assise populaire, que personne ne peut nier.

Et ce mouvement est d’autant plus inquiétant qu’il apparaît dans une région, la Saxe - région protestante de l’Allemagne de l’Est -, qui n’est pas une région où il y a beaucoup de présence étrangère. S’en prendre contre des musulmans dans une région où il y a 2% de musulmans, cela montre bien l’esprit obtus des gens qui manifestent.

En fait, ce qu’il y a profondément là-dedans, c’est une nouvelle xénophobie allemande. Xénophobie allemande contre laquelle des citoyens allemands certes manifestent, mais pour laquelle de plus en plus de citoyens allemands montrent une certaine sympathie aussi. C’est un mouvement ancré dans la population ; ce n’est pas ce que j’appellerais un ' feu follet ' politique. »

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