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Russie

Russie: face à la presse, Poutine tente de rassurer

Le président russe, Vladimir Poutine, lors de sa conférence devant la presse, le 18 décembre 2014.
Le président russe, Vladimir Poutine, lors de sa conférence devant la presse, le 18 décembre 2014. REUTERS/Maxim Zmeyev
Texte par : Muriel Pomponne
4 min

La conférence de presse annuelle du président Poutine était très attendue en raison de la dégradation de la situation économique du pays ces derniers jours. La Russie fait notamment face à l’effondrement des cours du rouble. Le président Poutine a effectivement consacré une bonne partie de son allocution à l’économie, mais il s’est aussi arrêté sur les questions de politiques extérieures et de diplomatie.

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De notre correspondante à Moscou,

Vladimir Poutine a commencé son intervention par les bons chiffres de l’économie, c'est-à-dire en ne parlant surtout pas du rouble ni de l’inflation. Il a préféré vanter les résultats du commerce extérieur et les bons chiffres du chômage. Mais assez rapidement, il a bien dû parler de sa monnaie nationale.

Pour Vladimir Poutine, la crise est due à des facteurs extérieurs. La banque centrale et le gouvernement ont eu de bonnes réactions, notamment en augmentant le taux directeur, mais ils auraient dus intervenir plus tôt et plus vite. Le président russe a reconnu que le budget devrait être révisé, mais il a tenu à rassurer ses concitoyens : les réserves financières garantissent le paiement des pensions et des salaires.

Une promesse de 3 milliards

A une question pour savoir si c’était le coût à payer pour l’adhésion de la Crimée, Vladimir Poutine a répondu qu’il s’agissait du coût pour rester un État souverain. Montrant qu’il prenait les choses en main, il a déclaré avoir lui-même demandé au patron d’une compagnie exportatrice de mettre des devises sur le marché, afin de participer au redressement du rouble. « Il m’a promis trois milliards, a-t-il dit. Alors, imaginez si dix entreprises en font autant. » Mais il s’est défendu de vouloir imposer une politique coercitive en la matière.

Vladimir Poutine a conclu son allocution sur cette question économique, en assurant que la crise serait « inévitablement » – il a employé le mot plusieurs fois – terminée dans deux ans, grâce notamment à une reprise de la croissance mondiale.

Politique extérieure

Sur les questions de politique étrangère, Vladimir Poutine était moins agressif qu’au début du mois devant les parlementaires. S’il a reproché à l’Occident de traiter la Russie comme un pays vassal, il n’a pas repris la comparaison avec Hitler. Mais il a filé la métaphore sur la construction par les Européens d’un mur virtuel autour de la Russie, par le biais de l’extension de l’Otan. L’Otan a en effet installé des bases en Pologne et en Roumanie. « Et on a dit à la Russie, ce n’est pas votre affaire, reproche Vladimir Poutine. Nous voulons, a-t-il ajouté, des relations d’égal à égal dans le respect, en matière de défense et d’économie. »

Il a aussi réaffirmé son souhait de la reprise des pourparlers de Minsk. Il a d’ailleurs annoncé une conférence vidéo vendredi ou samedi. Sur ce sujet, il a rappelé que la Russie respectait l’intégrité territoriale de l'Ukraine, mais que Kiev devait accepter de dialoguer avec les représentants des républiques de Donetsk et Lougansk – qu’il n’appelle plus Novorossia. D’après lui, le président Porochenko veut le règlement du conflit par des moyens pacifiques, « mais il n’est pas le seul, là-bas, a ajouté le président russe, et il est entouré de gens qui veulent la guerre. »

La cinquième colonne

En politique intérieure, le président Poutine s’est désolidarisé des propos du président tchétchène Kadyrov qui avait annoncé que les maisons des familles des terroristes seraient détruites. Le président russe a suggéré que Ramzan Kadyrov avait parlé sous le coup de l’émotion, mais qu’il n’était pas question de représailles de ce type. Il a d’ailleurs demandé que des enquêtes soient menées sur les incendies qui ont détruit les maisons de certaines familles et le siège d’une ONG à Grozny. « Il n’ y a pas de persécution en Russie, ni de politique de dénigrement. Ce n’est pas comme aux États-Unis, où la torture est légalisée, ou comme en Europe, où certains citoyens russes n’ont plus le droit de se rendre », a-t-il ajouté

Quelqu’un lui a rappelé ses propos sur la cinquième colonne et les nationaux traîtres, un terme très en vogue sous les régimes communistes, qui a été ressorti des tiroirs par le président russe. Les partis proches du pouvoir l’emploient assez facilement pour critiquer leurs opposants. Vladimir Poutine a répondu qu’il était parfois difficile de voir où s’arrête l’opposition et où commence la cinquième colonne, mais pour lui un opposant doit être un patriote.

Enfin, chose très rare, Vladimir Poutine, divorcé depuis un peu plus d’un an, a parlé de sa vie privée. A une journaliste de province qui lui demandait s'il était toujours célibataire, il a déclaré qu'il aimait et était aimé en retour.  

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