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Allemagne

Allemagne: le mouvement anti-islam de Dresde gonfle ses rangs

Manifestation contre l'islam organisée par le mouvement Pegida à Dresde, dans l'est de l'Allemagne, le 22 décembre 2014.
Manifestation contre l'islam organisée par le mouvement Pegida à Dresde, dans l'est de l'Allemagne, le 22 décembre 2014. AFP PHOTO / DPA / HENDRIK SCHMIDT GERMANY OUT
Texte par : Nathalie Versieux
3 min

A Dresde, lundi 22 décembre, le mouvement anti-islam Pegida est de nouveau parvenu à mobiliser des milliers de personnes. Rien ne semble pouvoir freiner ce mouvement hebdomadaire allemand, qui dure depuis maintenant dix semaines.

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De quelques centaines de personnes mi-octobre, le mouvement est passé à 10 000 manifestants il y a deux semaines, 15 000 la semaine dernière et 17 500 lundi dernier. Ce rendez-vous hebdomadaire fait penser aux marches du lundi qui avaient précédé la chute du mur à l'est de l'Allemagne.

Mais Pegida ne parvient toujours pas à mobiliser ailleurs qu'à Dresde. Les boutures baptisées Bagida en Bavière, Legida à Leipzig ou Dügida à Düsseldorf ne semblent pas prendre. Et après des semaines de stupeur, un mouvement de réaction civile commence à prendre forme. Lundi dernier, 4 000 personnes défilaient à Dresde contre Pegida, 8 000 à Munich et quelques milliers encore dans d'autres villes allemandes. Ce mouvement pour une Allemagne tolérante mobilise la scène d'extrême gauche mais aussi les Eglises. Et plus surprenant à première vue : le patronat.

L’Allemagne en manque de main-d’œuvre

Le président de la fédération de l'industrie allemande BDI a appelé mardi 23 décembre à accueillir plus de réfugiés. Ce n'est pas sans arrière-pensée. L'Allemagne connait une relative croissance économique, et avec une démographie en berne, bien des secteurs sont confrontés à une véritable pénurie de main-d'œuvre qualifiée. Depuis des années, l'Allemagne attire ainsi, aussi à la faveur de la crise économique et du chômage élevé dans le sud de l'Europe, une main-d'œuvre qualifiée venue d'Espagne, d'Italie, de Grèce et surtout d'Europe de l'Est.

Cet apport est indispensable à l'économie allemande. L'an dernier, le pays a ainsi accueilli 465 000 migrants, pour la plupart européens, dont l'intégration ne pose aucun problème. A ces migrants s'ajoutent les réfugiés, 200 000 personnes cette année, venus chercher l'asile en République fédérale.

La classe moyenne exprime sa peur des étrangers et de l’islam

Les organisateurs de la manifestation font clairement la différence entre les victimes de violences en Syrie ou en Irak, qu'il faudrait accueillir pour une durée limitée, et tous les autres réfugiés, migrants de la misère économique, dont l'Allemagne n'aurait pas besoin.
L'afflux de réfugiés est considérable. Après une première vague au début des années 1990, du temps de la guerre en Yougoslavie, l’Allemagne assiste à une seconde vague depuis les guerres en Syrie et en Irak.

L'afflux des réfugiés est tel que les municipalités sont contraintes de réquisitionner gymnases, casernes ou écoles désaffectées pour installer des logements d'urgence. Des villages de tentes ou de containers poussent un peu partout dans les villes allemandes, suscitant la colère des riverains, notamment dans les quartiers défavorisés. Les réactions les plus virulentes viennent des classes moyennes, qui craignent le déclassement social et cristallisent leurs craintes sur la peur de l'étranger et de l'islam. Ces réactions laissent redouter une menace pour les valeurs allemandes ou occidentales.

→ A (RE)ECOUTER : Lutz Bachmann, fondateur de Pegida en Allemagne

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