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Croatie

Une élection présidentielle sur fond d’indifférence en Croatie

Kolinda Grabar-Kitarovic (g) et le président sortant Ivo Josipovic pourraient se retrouver face à face au second tour.
Kolinda Grabar-Kitarovic (g) et le président sortant Ivo Josipovic pourraient se retrouver face à face au second tour. AFP PHOTO / STRINGER

Les électeurs croates sont convoqués aux urnes ce week-end pour le premier tour de l’élection présidentielle, un scrutin qui ne déchaîne pas les passions. En récession quasi-constante depuis 2008, le pays n’a pas bénéficié de son entrée dans l’UE et attend plutôt les législatives dans un an pour redistribuer les cartes.

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La Croatie est un pays en crise. Elle est en récession quasi-constante depuis 2008, la dette publique représente 80% du PIB, le chômage frappe près de 20% de la population active et un jeune sur deux est au chômage. L’entrée de la Croatie dans l’Union européenne, actée le 1er juillet 2013, il y a 18 mois, n’a pas aidé le pays à sortir du marasme.

Au contraire, la Croatie a perdu des positions précieuses sur ses traditionnels marchés régionaux sans parvenir à imposer ses produits sur le marché européen. Les sanctions contre la Russie ont également remis en cause d’importants projets d’investissements dans le secteur énergétique. Bref, le pays, dirigé depuis la fin 2012 par un gouvernement de centre gauche va mal, et les électeurs ont largement perdu confiance dans leur classe politique.

Ivo Josipovic reste favori

Les deux forces politiques qui alternent aux affaires depuis l’indépendance du pays – les sociaux-démocrates et le HDZ, le parti de la Communauté démocratique croate – ont, l’un et l’autre, défendu l’intégration européenne de la Croatie et partagent des programmes de moins en moins différents. Pour se démarquer et tenter de conserver le soutien des franges les plus conservatrices de la société, le HDZ donne régulièrement des coups de sonde à droite, notamment sur les questions de société, comme le mariage pour tous, ou les relations toujours difficile avec le voisin serbe, mais cela ne mobilise plus guère l’opinion.

Le président sortant, Ivo Josipovic, membre du Parti social-démocrate, tout comme le Premier ministre, fait figure de grand favori à sa propre succession. Son programme est placé sous le sceau de la continuité, avec une inflexion écologiste en faveur d’une « économie verte », assez peu convaincante. Il est crédité de plus de 45% des intentions de vote, mais rêve d’une élection dès aujourd’hui, car un second tour le mettrait en position plus délicate faute de réserve de voix.

Sa principale rivale est l’ancienne ministre des Affaires étrangères Kolinda Grabar Kitarovic, qui défend un classique programme de droite – austérité et réduction des dépenses publiques – et qui pourra compter sur le ralliement du « petit » candidat de la droite ultra, Milan Kujundžić. Celui qui pourrait créer la surprise est néanmoins le plus jeune candidat jamais enregistré à une élection présidentielle croate, Ivan Vilibor Sinčić, 24 ans, soutenu par l’ONG Zivi Zid, qui se bat contre les expulsions locatives.

L’inconnue Sinčić

Issu de la société civile, celui qui se présente comme un « candidat anarchiste » et revendique l’abolition de la dette, est crédité de 10% des intentions de vote, mais rêve de parvenir au second tour. Il a mené une campagne très dynamique pour convaincre les électeurs déçus, notamment les jeunes, d’aller voter dimanche. S’il parvenait à mobiliser une partie des abstentionnistes invétérés, alors que la participation globale risque d’être très faible, Ivan Vilibor Sinčić pourrait effectivement bouleverser le jeu politique croate. De toute manière, qu’il y ait un seul ou deux tours, cette élection fait figure de tour de chauffe avant les législatives, qui devraient avoir lieu dans un an.

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