Accéder au contenu principal
Russie

Manifestation de soutien à Navalny: des dizaines d’interpellations

Interpellation d'un participant à la manifestation de soutien à Alexeï Navalny. Moscou, le 30 décembre 2014.
Interpellation d'un participant à la manifestation de soutien à Alexeï Navalny. Moscou, le 30 décembre 2014. REUTERS/Tatyana Makeyeva
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L'appel à manifester a été lancé quelques heures après la condamnation ce mardi 30 décembre d'Alexeï Navalny et de son frère. Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés à proximité de la place du Manège, sous les murailles du Kremlin. Plus de 130 personnes ont été interpellées. L'opposant a été lui-même brièvement arrêté. Le rassemblement s'est terminé sans incident majeur.

Publicité

Avec notre correspondante à Moscou, Veronika Dorman

Alexeï Navalny a appelé à manifester après sa condamnation et celle de son frère, ce mardi dans le centre de Moscou, pour « détruire » le régime du président Vladimir Poutine. « Toute manifestation non autorisée est interdite », a répliqué la mairie de Moscou. Plusieurs centaines de personnes sont sorties manifester malgré le froid et les avertissements des autorités pour témoigner leur soutien à Alexeï et Oleg Navalny.

Pour ceux qui s’opposent à Vladimir Poutine, la condamnation des deux frères est une manifestation de plus de la tyrannie de son régime. L’écrivain Natalya Gromova ne cache pas son indignation. « Nous sommes venus parce que le jugement des frères Navalny est totalement injuste. Qui plus est, le frère d’Alexeï a été pris en otage. C’est de l’arbitraire judiciaire qui nous écœure. Nous sortons parce que nous sommes dégoutés. »

Vitaly, un fidèle partisan du principal opposant au Kremlin ne pouvait pas non plus rester chez lui. « Je manifeste contre une affaire fabriquée de toutes pièces contre Navalny. Bien sûr que nous avons peur de sortir, mais que faire ? Oui, tout cela est inquiétant, mais est-ce que nous avons le choix ? » Pour ces Moscovites, exprimer leur désaccord avec le pouvoir est un devoir, même s’ils savent qu’ils sont trop peu et impuissants pour l’instant.

Navalny interpellé

Tout le périmètre de la place du Manège, près du Kremlin, a été bouclé et quadrillé par la police depuis le début de l’après-midi, plaçant barrières métalliques, filtrant les passages et fermant des sorties de métro. Au moins 130  personnes ont été interpellées, sans grande violence, mais de manière aléatoire et chargée dans des fourgons des forces de l’ordre. Vers 18h30 TU, la manifestation était terminée.

 

En violant son assignation à résidence, Alexeï Navalny a tenté de se rendre à la manifestation pour soutenir son frère, qui a écopé ce matin de trois ans et demi de prison ferme, il a été arrêté par la police en pleine rue. « Je vous appelle tous à ne pas quitter les lieux. Ils ne pourront pas arrêter tout le monde », a-t-il lancé à ses partisans, juste après son interpellation. Sur sa page Twitter, Navalny a écrit par la suite que plutôt que de l’emmener à un poste, les policiers l’ont ramené chez lui et placé des gardes devant sa porte pour l'empêcher de sortir.

Une décision politique

Pour Florent Parmentier, maître de conférences à Sciences Po Paris, la condamnation d'Alexeï Navalny à trois ans et demi de prison avec sursis est une décision politique, « une condamnation dans l’anticipation de difficultés qui sont nées de la situation économique russe actuelle ».

Navalny et son frère Oleg ont été reconnus coupables d'avoir escroqué une filiale russe de la société française de cosmétiques Yves Rocher. « Il est vraisemblable qu’un opposant comme Alexeï Navalny qui a fait toute sa ‘carrière d’opposant’ sur les questions de lutte anticorruption soit un problème pour les deux prochaines années, poursuit Florent Parmentier. C’est vraisemblablement la raison pour laquelle il a été attaqué sur des questions de détournements de fonds qui symboliquement tendraient à le discréditer de parler de futures affaires de corruption auxquelles le pouvoir seraient confronté. »

Une décision de justice motivée par la politique, c'est également l'avis de l'Union européenne. Une porte-parole de la chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, a ajouté que « les accusations portées à l'encontre des frères Navalny n'ont pas été étayées pendant le procès ». A Washington, on s'inquiète du « développement » de l'affaire Navalny, comme l'a annoncé la diplomatie américaine.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.