Ukraine / Russie

Ukraine: Porochenko propose une nouvelle rencontre internationale

Le président Porochenko a annoncé ce lundi 29 décembre la tenue d'un sommet à Astana, le 15 janvier priochain.
Le président Porochenko a annoncé ce lundi 29 décembre la tenue d'un sommet à Astana, le 15 janvier priochain. EUTERS/Ukrainian Presidential Press Service/Mykola Lazarenko

Le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé lors d’une conférence de presse à Kiev ce lundi 29 décembre, qu’il retrouverait son homologue russe Vladimir Poutine le 15 janvier prochain dans la capitale kazakhe Astana, lors d’une rencontre à laquelle participeront Angela Merkel et François Hollande.

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L’annonce de M. Porochenko intervient alors que les pourparlers avec les rebelles entamés la semaine dernière à Minsk sont aujourd’hui dans l'impasse. Les discussions laborieuses qui ont débuté le 24 décembre dernier ont certes abouti à un échange massif de prisonniers le week-end dernier, mais depuis, les discussions ont été interrompues. Et les combats, eux, ont repris, notamment aux abords de l’aéroport de Donetsk, où trois soldats ukrainiens ont été tués ce lundi, selon le président ukrainien.

La rencontre prévue par Petro Porochenko devrait se dérouler à Astana, au Kazakhstan, le 15 janvier prochain. Elle a pour but, selon le président ukrainien, de régler les points qui permettraient de « ramener la paix rapidement ». Il estime en effet que le conflit dans l’est de l’Ukraine pourrait être facilement résolu à condition que deux éléments essentiels des accords de paix de Minsk, signés le 5 septembre, soient appliqués, à savoir « la fermeture des frontières et le retrait des troupes étrangères ».

Petro Porochenko insiste sur ce dernier point, le plus litigieux, Moscou niant toujours la présence de ses troupes en territoire ukrainien. « Dès que les troupes étrangères se seront retirées, affirme le président ukrainien, le conflit disparaîtra ». Avant d’ajouter : « Ce conflit a été artificiellement créé. Les premiers gestes qui ont été accomplis dans les territoires libérés en sont une preuve. Allez voir comment les choses se passent à Sloviansk, Kramatorsk, Marioupol et vous verrez comment le pouvoir ukrainien s’est renouvelé dans ces régions libérées. Ce sera une preuve de plus que ce conflit est apporté de l’extérieur. Ceux qui l’ont apporté sont des agresseurs et des occupants qui doivent s’en aller de notre pays. »

Format « de Normandie »

Pour Alla Lazareva, correspondante du journal La Semaine ukrainienne à Paris, il s’agit d’un « programme ambitieux, mais il faut demander beaucoup pour avoir peu ». Le sommet voulu devrait se faire au format dit « de Normandie », à savoir incluant la chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande, et leurs homologues russe et ukrainien. Une dénomination en référence à la première rencontre entre les quatre dirigeants qui s’était déroulée en marge des cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement du 6 juin 1944. Avoir des pays un peu plus « neutres, comme l’Allemagne ou la France […], c’est déjà plus clair, plus acceptable », estime Alla Lazareva, que s’il s’était agi du format dit « de Genève [avec] des représentants de l’Union européenne ou des Etats-Unis ». Le président Porochenko garde néanmoins ouverte la possibilité de la présence de Barack Obama lors de ces négociations.

Reste la question du lieu : le choix de la capitale kazakhe. « Poutine a fait quelquefois des déclarations un peu imprudentes au sujet du Kazakhstan, en déclarant que c’était un pays qui n’avait pas d’histoire, analyse la journaliste ukrainienne. Porochenko a été assez habile pour inviter à Kiev et Nazarbaïev et Loukachenko [respectivement présidents du Kazakhstan et de la Biélorussie, ndlr], et comme il s’agissait de pays considérés comme des alliés russes, je pense que c’était une démarche assez habile. » Astana, une ville que le président français a en outre visitée il y a peu, avant justement de rencontrer de façon impromptue Vladimir Poutine sur le chemin du retour, pour évoquer ... la question de l'Ukraine.

À Moscou, on ne rejette pas l’idée d’une telle rencontre, mais selon une source diplomatique citée par l'agence de presse russe Tass, le 15 janvier n'est pour le moment que l'une des dates envisagées.

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