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Turquie

Le gouvernement turc autorise la construction d'une église chrétienne

Eglise Saint-Antoine de Padoue d'Istanbul.
Eglise Saint-Antoine de Padoue d'Istanbul. Flickr
Texte par : RFI Suivre
3 min

A peine plus d’un mois après la visite du pape François en Turquie, où il avait appelé à une meilleure protection des chrétiens d’Orient, Ankara annonce avoir donné son accord pour la construction d’une église de rite syriaque, qui devrait voir le jour dans un quartier d’Istanbul sur un terrain cédé par les autorités. C’est une première dans l’histoire de la République turque, à quelques mois des commémorations du génocide des Arméniens dont la Turquie cherche à éviter la mauvaise publicité.

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Avec notre correspondant à Istanbul,  Jérôme Bastion

La décision a été annoncée par le Premier ministre Ahmet Davutoglu lors d’un dîner réunissant les responsables religieux des diverses communautés juives ou chrétiennes de diverses obédiences, non musulmanes. Le chef du gouvernement ne leur a pas distribué à tous, dans un élan de générosité pour le Nouvel An ou un calcul électoraliste à cinq mois des législatives, de tels petits cadeaux : seuls les Syriaques ont eu droit à cette faveur rare.

D’abord parce que cette communauté, qui compte une vingtaine de milliers de membres, est la seule à croître parmi les différents groupes de chrétiens ; elle avait donc besoin d’une église. Pourchassés et persécutés dans les années 80 après des décennies de marginalisation économique, ils ont commencé depuis une quinzaine d’années à revenir en Turquie, à se réinstaller dans le sud-est mais surtout à Istanbul. Le conflit syrien a aussi fait retourner dans leur pays d’origine ceux qui avaient fui les massacres de 1915, ignorés des livres d’histoire malgré ses 500 000 victimes.

« Diffuser une image positive du pays »

Et puis aussi sans doute parce que les Syriaques, moins organisés et reconnus que les Grecs ou les Arméniens, commencent à leur tour à revendiquer les droits que leur garantit normalement le traité de Lausanne ; ainsi ont-ils pu récemment ouvrir une école, la première depuis un siècle. Mais, malgré ces petites faveurs, sans doute n’en resteront-ils pas là.

Pour le Pr Jean Marcou, directeur des Relations internationales à Sciences Po Grenoble, la décision répond à la diversification de la société turque, mais aussi aux intérêts politiques du gouvernement. « C’est un véritable phénomène de société, explique Jean Marcou à RFI, et puis à côté, il y a aussi les intérêts politiques du gouvernement. Pour un gouvernement qui se veut musulman et qui se veut défenseur d’un retour des musulmans dans l’espace public, prendre soin des minorités non-musulmanes est effectivement plutôt une démarche valorisante, notamment dans le cadre de la candidature de la Turquie à l’Union européenne. Et puis, plus généralement, pour diffuser une image positive du pays. Cette annonce qui a été faite, puisque l’annonce de cette construction d’église, après de multiples réouvertures d’églises ou de bâtiments religieux au cours des dernières années. Tout ça sont des gestes qui participent certes d’un phénomène de société mais peuvent être utilisés par le gouvernement pour des gains politiques et notamment pour donner, essayer de donner, une image relativement positive du pays. »

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