Belgique

Attentats déjoués en Belgique: le cerveau présumé traqué en Grèce

Des officiers de police à Verviers, où s'est déroulée une importante opération anti-terroriste, le 16 janvier 2015.
Des officiers de police à Verviers, où s'est déroulée une importante opération anti-terroriste, le 16 janvier 2015. REUTERS/Yves Herman

Au moins quatre hommes ont été arrêtées samedi 17 février à Athènes dans le cadre de l'enquête sur la cellule jihadiste démantelée cette semaine en Belgique, a-t-on appris de source policière. Les services de la police antiterroriste cherchent à vérifier si, comme ils le supposent, figurent bien parmi eux Abdelhamid Abaaoud, qui serait, selon les médias belges, le chef de la cellule démantelée.

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Avec notre bureau à Bruxelles et notre correspondante à Athènes,  Charlotte Stiévenard

Pour l'instant, la présence, en Grèce, du cerveau présumé Abdelhamid Abaaoud n'a pas été confirmée.

Une des quatre personnes arrêtées correspondrait à la description du cerveau de la cellule jihadiste démantelée en Belgique. C'est en tout cas ce qu'aurait déclaré un responsable de la police grecque à l'agence Associated press sous couvert d'anonymat.

Selon le quotidien grec I Kathimerini, la police aurait procédé à l'arrestation des quatre personnes à la demande d'Interpol. Par ailleurs, selon VTM, la télévision flamande, il aurait contacté les deux suspects morts à Verviers, des appels passés de Grèce. C'est ainsi que les services de renseignements auraient retrouvé sa trace.

Il pourrait s'agir d'Abdelhamid Abaaoud, un Belge de 27 ans d'origine marocaine. Son nom de guerre : Abou Omar Soussi. Il aurait séjourné en Syrie, dans les rangs du groupe Etat islamique. Il se serait fait connaître d'une vidéo en mars 2014, sur laquelle on le voit au volant d'un pick-up tirant des cadavres mutilés vers une fosse commune.

Deux mois plus tôt, il aurait embrigadé son jeune frère de 13 ans, Younès, pour qu'il le rejoigne dans le nord de la Syrie. Pour leur père, interrogé par la presse belge, ses fils ont été manipulés. « On a fait un lavage de cerveau à mon aîné, explique-t-il. Il se sert de son petit frère comme monnaie d'échange auprès de ces groupes jihadistes. »

Dans l'attente des résultats de l'enquête, la police grecque ne confirme pas sa présence parmi les quatre personnes arrêtées.

La Grèce est l'une des portes d'entrée pour les Syriens qui fuient la guerre. La majorité est constituée de réfugiés, mais plusieurs membres de groupes extrémistes seraient également passés par ce pays pour rejoindre d'autres destinations en Europe. Ce samedi, les contrôles de police étaient nombreux aux sorties de métro de la capitale.


L'armée patrouille devant les sites sensibles de Belgique

Des militaires ont commencé samedi à prendre la relève de policiers pour surveiller certains sites sensibles à Anvers et Bruxelles après le démantèlement de la cellule jihadiste, jeudi soir.

Environ 150 soldats ont été mobilisés samedi matin pour surveiller des « sites stratégiques » dans le quartier des diamantaires d'Anvers (nord) où vit une importante communauté juive, mais aussi les institutions européennes, le siège de l'Otan, les ambassades des Etats-Unis et d'Israël ou encore la grande synagogue à Bruxelles, a expliqué le ministre de la Défense Steven Vandeput.

L'opération exceptionnelle, lancée pour un mois renouvelable selon le Premier ministre Charles Michel, peut être maintenue tant que le niveau d'alerte sera fixé au moins à 3 sur une échelle de 4, comme c'est le cas depuis jeudi soir.

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