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Allemagne / Histoire

Auschwitz et le IIIe Reich: quel rapport des Allemands avec leur passé?

Un groupe de jeunes Allemands. Les nouvelles générations sont sensibles et sensibilisés à cette période de leur histoire.
Un groupe de jeunes Allemands. Les nouvelles générations sont sensibles et sensibilisés à cette période de leur histoire. Gettyimages
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Le calvaire des survivants du camp d’extermination nazi d’Auschwitz, aujourd’hui en Pologne, s’achève le 27 janvier 1945 avec l’arrivée sur place des forces soviétiques. Il y a dix ans, l’ONU a fait du 27 janvier la journée internationale de commémoration de la Shoah. Celle-ci prend, cette année, une portée plus importante sur place comme en Allemagne. Que représentent aujourd'hui Auschwitz et la Shoah pour les Allemands?

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De notre correspondant à Berlin,

Cet événement rencontre un écho très important dans l’Allemagne de 2015. Les commémorations officielles, tout d’abord. Hier, la chancelière Merkel était l’hôte à Berlin du comité international d’Auschwitz, une organisation de survivants. Elle a souligné qu’il était honteux que des juifs soient toujours attaqués aujourd’hui en Allemagne.

En début de matinée, le président de la République Joachim Gauck prendra la parole devant le Bundestag avant de s’envoler pour Auschwitz pour participer aux cérémonies commémoratives en Pologne.

De très nombreux documentaires, discussions et émissions ont été diffusés ou vont l’être par les télévisions allemandes. La presse n’est pas en reste. Le magazine Der Spiegel est sorti cette semaine avec huit couvertures différentes, chacune affichant en une le portrait d’un survivant d’Auschwitz. Et de nombreuses commémorations, plus discrètes, ont lieu au niveau local.

Une majorité d'Allemands voudrait faire table rase du passé

Un sondage réalisé par la fondation Bertelsmann et publié dimanche par le quotidien Bild Zeitung est venu troubler ces commémorations. Il montre que 58% des Allemands souhaitent qu’on tire un trait sur ce passé toujours aussi central dans l’identité de leur pays.

Mais il faut dire que ce chiffre était légèrement plus élevé au début des années 90. Le nombre de ceux qui sont d’un avis contraire est passé de 20 à 40%. Et un sondage de 2012 contredit celui de la fondation Bertelsmann, notamment chez les jeunes, encore moins nombreux à souhaiter qu’on tire un trait sur le passé. Ils voient ce qu'il se passe aujourd’hui à l’encontre de certaines minorités et veulent comprendre comment une dérive comme celle du IIIe Reich peut se produire ou se reproduire.

120 000 ouvrages sur le IIIe Reich

Concernant Auschwitz proprement dit, un sondage en 2012 montrait que 90% des Allemands savaient qu’il s’agissait d’un camp d’extermination. La moitié reconnaissait n’avoir jamais visité un tel camp. Alors que les survivants sont de moins en moins nombreux, le président du Conseil central des juifs d’Allemagne vient de proposer qu’une telle visite soit rendue obligatoire pour tout écolier allemand de plus de 15 ans.

L’intérêt pour cette période ne se dément pas. On peut parfois même parler de « Hitlermania ». Il ne se passe pas un jour sans qu’un documentaire sur le IIIe Reich soit diffusé sur une chaîne de télévision ou qu’un journal n’évoque un aspect particulier de cette période. L’exposition sur Hitler en 2013 à Berlin lors du 80e anniversaire de son arrivée au pouvoir a eu un énorme succès comme de nombreux autres projets où des villes, des organisations, des entreprises, des quartiers s’intéressent à ce qui s’est passé à leur niveau à cette époque. 120 000 ouvrages ont été publiés sur le IIIe Reich depuis 1945 et certains sont régulièrement des succès de librairie. Il est de retour de Timur Vermes évoque le retour de Hitler dans l’Allemagne d’aujourd’hui. Des films de fiction comme La Chute sur les derniers jours de Hitler dans son bunker ont attiré beaucoup de spectateurs, mais aussi des comédies.

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