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L’Otan inquiète de l’attitude du Kremlin envers certains de ses alliés

Le secrétaire général de l'Alliance Jens Stoltenberg au siège de l'Alliance, à Bruxelles, le 5 février 2015.
Le secrétaire général de l'Alliance Jens Stoltenberg au siège de l'Alliance, à Bruxelles, le 5 février 2015. REUTERS/Francois Lenoir

A Moscou, le président François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel vont tenter de convaincre le président russe Vladimir Poutine d'accepter un nouveau plan de paix dans l'est de l'Ukraine. L'Otan « soutient pleinement » cette initiative de paix de Paris et Berlin car la situation dans l'est de l'Ukraine est « critique », a estimé le secrétaire général de l'Alliance atlantique.

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De notre bureau à Bruxelles,

Le plan de marche adopté ce jeudi par les 28 ministres de la Défense, avec le renforcement de la Force de réaction rapide de l’Otan et la constitution d'états-majors avancés à l'Est, est la manifestation directe des préoccupations des alliés face à la Russie. Des inquiétudes fondées à la fois sur l'annexion de la Crimée et sur la guerre par milices interposées dans l'est de l'Ukraine.

L'Otan est tiraillée par le désir d'action d'une partie des alliés, la prudence des autres et les liens avec Moscou de certains, comme la Grèce par exemple. Beaucoup d'alliés veulent aussi éviter toute provocation envers la Russie avec qui les contacts officiels sont pour l'instant rompus.

Il n'en reste pas moins que l'Alliance s'inquiète fortement de la nouvelle stratégie et de la nouvelle doctrine militaire russes. Elles sont marquées par un renforcement des plans d'entraînement des troupes, par des investissements lourds dans les matériels de défense et par une stratégie agressive. En outre, l'Otan est clairement désignée comme une menace extérieure. Comme lors de la guerre froide, l'Otan se retrouve face à la Russie, mais son comportement est jugé beaucoup plus imprévisible que celui de feue l'URSS.

Sur le terrain, les combats ont fait plus de 5 300 morts en dix mois de conflit dans l’est de l’Ukraine. Une courte trêve entre Kiev et les rebelles pro-russes est observée depuis ce vendredi matin pour évacuer les civils de Debaltseve, cette ville prise entre les bombardements des deux camps. La ville est tenue par l’armée ukrainienne, elle est presque encerclée par les insurgés.

Dans une tribune publiée ce vendredi matin dans le quotidien britannique The Daily Telegraph, l'ancien secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a estimé que le président russe Vladimir Poutine pourrait avoir l'intention de s'attaquer directement à un membre oriental de l'Alliance atlantique, en l'occurrence un des trois pays baltes, anciennes républiques de l'URSS peuplées de nombreux Russes, dans une tentative visant à la fois de rétablir la prééminence russe sur la région et de tester la solidarité et la réaction de l'Otan.

Les propos d'Anders Fogh Rasmussen lui sont propres, mais ils font écho à une préoccupation profonde de l'Otan. Personne à l'Otan ne s'aventure comme Anders Fogh Rasmussen à imaginer ouvertement une attaque directe de la Russie contre un des pays baltes, mais la tactique de guerre hybride décrite par l'ancien secrétaire général correspond bel et bien à l'analyse prédominante de beaucoup de membres de l'Alliance atlantique.

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