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Lituanie / Russie

Par peur de la Russie, la Lituanie veut rétablir son service militaire

Lors d'une réunion à Riga, le 18 février, des ministres de la Défense européens, le Lituanien Juozas Olekas (g.), l'Estonien Sven Mikser (c.) et le Finlandais Haglund.
Lors d'une réunion à Riga, le 18 février, des ministres de la Défense européens, le Lituanien Juozas Olekas (g.), l'Estonien Sven Mikser (c.) et le Finlandais Haglund. REUTERS/Ints Kalnins
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La Lituanie, qui semble craindre de plus en plus son voisin russe, vient de décider de rétablir la circonscription pour les cinq prochaines années. La décision prise par le Conseil national de défense doit encore être soumise à l’approbation du Parlement.

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Le Conseil national de la défense vient d’annoncer sa décision : 3 500 appelés par an pour un service militaire d’une durée de neuf mois pour les cinq prochaines années, et ce dès 2015. En 2008, analyse notre correspondante à Vilnius, Marielle Vitureau, l’armée lituanienne est devenue professionnelle, mais le contexte géopolitique régional tendu a fait du retour à la circonscription une nécessité. Sous-financée de longues années, l’armée lituanienne manque cruellement d’hommes. Certaines unités ne sont remplies qu’à 6 % de leurs effectifs.

Devant la faculté de sciences politiques à Vilnius, les étudiants, à l’instar d’Oleg, sont en faveur de cette mesure. « Cela va être un moyen de renforcer la citoyenneté de chacun, témoigne-t-il. Moi-même je réfléchis à m’engager dans les forces volontaires. L’Ukraine a servi de catalyseur. Désormais, les fêtes nationales sont fêtées avec beaucoup plus de ferveur qu’auparavant. »

La crise en Ukraine a provoqué un véritable séisme dans le domaine militaire en Lituanie. Cette année, pour la première fois depuis 2008, le budget de la défense a augmenté. Les Lituaniens s’engagent aussi. L’Union des tireurs, une organisation paramilitaire, compte désormais 7 000 membres, presque autant que l’armée régulière.

Vilnius a peur de son voisin russe

Vilnius est l'un des alliés les plus convaincus de Kiev au Conseil de sécurité de l’ONU, demandant toujours de nouvelles sanctions contre l’entourage du président russe, et l’envoie dans l’est de l’Ukraine d’une force de maintien de la paix. Depuis qu’elle s’est affranchie de Moscou en 1991, à la chute de l’URSS, après 50 ans d’occupation, la Lituanie a des rapports tendus avec son voisin. Et les manœuvres menées en décembre dernier par 9 000 militaires et 55 navires russes dans l’enclave de Kaliningrad, entre la Lituanie et la Pologne, n’ont pas été pour la tranquilliser : le mois dernier, le ministère de la Défense lituanien distribuait dans les écoles un manuel détaillant l’attitude à adopter en cas d’occupation étrangère, en pensant fortement à la Russie.

Au début du mois, l’Otan a décidé de créer six nouveaux centres de commandement en Europe de l’Est, en Lituanie entre autres, avec une nouvelle force de 5 000 hommes rapidement mobilisables. Ce rétablissement du service militaire dans le pays va dans le même sens. Et si le Parlement accepte le projet d’appel sous les drapeaux de 3 500 hommes par an pour une période de neuf mois, les premiers conscrits devraient se présenter dans les casernes cet automne.

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