Ukraine/Russie

Ukraine: à l’Est, les combattants se préparent à de nouveaux combats

Alors qu'un calme précaire règne à Marioupol, les forces loyalistes se préparent à reprendre les combats si nécessaire.
Alors qu'un calme précaire règne à Marioupol, les forces loyalistes se préparent à reprendre les combats si nécessaire. REUTERS/Nikolai Ryabchenko/Files
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les craintes d'une nouvelle escalade persistent en Ukraine. En dépit du cessez-le-feu, un photographe et un volontaire ukrainiens ont été tués samedi. Au Sud, à Marioupol, les forces loyalistes restent sur leurs gardes. Le port industriel pourrait être la prochaine cible des combattants séparatistes.

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Avec nos envoyés spéciaux dans la région de MarioupolBoris Vichith et Anastasia Becchio. Ils se sont rendus auprès d'un bataillon de combattants ukrainiens chargés de défendre une partie de la ligne de front à l'est de Marioupol.

Depuis quelques jours, le chant du coq a remplacé les tirs de canon. Mais le calme qui s'est installé à Lebedinske, à quelques kilomètres de la ligne de front, est relatif. C'est ce qu'explique Alexandre Rovenko, 50 ans, sorti fumer une cigarette devant le centre culturel du village dans lequel son bataillon a installé ses quartiers. « Il y a des tirs en soirée et la nuit. On n'entend plus d'arme lourde depuis quelques jours, mais il y a encore des tirs d'armes automatiques là-bas, dans cette zone grise. Ça arrive très souvent. »

Au rez-de-chaussée du bâtiment, dans une grande pièce, une trentaine de matelas sont disposés le long du mur. Des sacs de sable obstruent les fenêtres. Un combattant est profondément endormi, un autre étudie une carte, pendant que trois de ses collègues se préparent du thé sur un grand poêle rouillé. Assise sur son lit de camp, Yadviga, seule femme de l'unité, estime que le cesse-le-feu ne durera pas longtemps.

« C'est un calme relatif, parce que derrière ce calme, nous observons nos adversaires et nous voyons qu'ils déplacent leur matériel, qu'ils se rapprochent et qu'ils concentrent leurs forces de Debaltseve et d'autres points. Mais comme c'est la trêve, on n'a pas le droit de bouger. Et on comprend bien ce qui nous attend », détaille-t-elle. Yadviga s'est déjà faite à l'idée qu'elle devra revivre des combats aussi violents que ceux qu'elle a connus à la fin de l'année dernière autour de l'aéroport de Donetsk.

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