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Royaume-Uni

Le palais de Westminster aussi fébrile qu'un château de cartes

Le palais de Westminster qui abrite les parlementaires britanniques depuis 1547.
Le palais de Westminster qui abrite les parlementaires britanniques depuis 1547. DR

A Londres, l’impressionnant palais de Westminster, siège du Parlement britannique et l’un des symboles du rayonnement de la capitale dans le monde entier, est complètement délabré. A tel point que les députés pourraient être obligés de l’abandonner.

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De notre corresondante à Londres,

Derrière sa très belle façade néogothique, le palais est en piteux état. Et cela ne date pas d'hier. Un député a résumé la situation par ces mots : « Westminster est un élégant désastre qui s’enfonce dans la boue. »

Il faut dire que l’édifice qui longe la Tamise s’affaisse sur ses fondations, y compris Big Ben, la célèbre tour de l’horloge, qui penche désormais de 46 cm. Les murs et gargouilles sont rongés par la pollution et s’effritent dangereusement. La toiture est percée, ce qui fait qu’à l’intérieur les députés doivent utiliser leurs corbeilles à papier pour parer aux fuites quand il pleut. L’ambiance y est glaciale parce que le chauffage marche mal. Et puis les installations électriques sont complètement à refaire dans un bâtiment qui n’a pas été rénové depuis les années 50. Sans oublier les souris qu’on signale régulièrement à proximité du salon de thé. Enfin, last but not least (dernier point, mais pas le moindre, ndlr), les murs sont bourrés d’amiante. Bref, il faut agir et vite avant que quelque chose de grave ne survienne, comme un incendie ou un bout du bâtiment qui s’écroule.

Les projets proposés

Trois options ont été évoquées pour rénover le Parlement : délocaliser les députés et les Lords et fermer complètement le palais pendant cinq ans ; ne restaurer qu’une partie de l’édifice à la fois, ce qui serait plus long ; enfin, si les parlementaires refusent de bouger, entreprendre les travaux autour d’eux, ce qui prendrait encore plus de temps et coûterait encore plus cher.

Un groupe d'experts mandaté par le Parlement doit se prononcer d’ici trois mois sur la nature des rénovations qui ne devraient pas commencer avant 2021 et qui pourraient coûter au contribuable britannique plus de quatre milliards d'euros. Mais sans travaux, le président du parlement prévient que les députés et les Lords devront quitter les lieux pour de bon dans vingt ans, ce qui semble impensable tant Westminster symbolise le système politique britannique. L’immense complexe de plus de 1 000 salles, qui avait brûlé en 1834 mais dont le hall datant du XIe siècle est resté intact, est d’ailleurs inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Mauvais timing

La note s’annonce donc très salée et les Britanniques risquent de tiquer un peu. D’autant que les députés ne sont pas en odeur de sainteté depuis plusieurs années. Leur image a été ternie par une succession d’affaires comme le scandale de leurs notes de frais mirobolantes ou encore la suggestion que deux parlementaires, ex-ministres, étaient tout à fait disposés à se faire payer de très grosses sommes d’argent pour user de leur influence et favoriser les intérêts d’une pseudo-société privée qui était en fait bidon et derrière laquelle se cachaient des journalistes.

Sans compter que ce cri d’alarme concernant l’état du Parlement est poussé à deux mois des élections législatives et alors que la priorité des électeurs est plus de savoir ce que vont faire les partis politiques en lice pour améliorer l’état de l’économie du pays ou celui de leurs services de santé.

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