Royaume-Uni

Royaume-Uni: lancement officiel d'une campagne qui s'annonce féroce

Un journaliste tient deux portraits de Ed Miliband -g.) et de David Cameron (d.), leaders respectifs des formations travaiiliste et conservatrice.
Un journaliste tient deux portraits de Ed Miliband -g.) et de David Cameron (d.), leaders respectifs des formations travaiiliste et conservatrice. REUTERS/Stefan Wermuth

La campagne électorale pour les législatives débute officiellement ce lundi 30 mars. Elle promet d’être féroce, car cette fois, de façon encore plus flagrante qu’il y a cinq ans, le scrutin s’annonce très serré. Ce, alors que les principaux partis politiques britanniques continuent à perdre du terrain face aux petites formations populistes.

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Pour amorcer les élections législatives du 7 mai, il faut dissoudre le Parlement et c’est ce que David Cameron vient demander à la Reine ce lundi. Le Premier ministre conservateur est dans ses petits souliers. Pas tant parce qu’il appréhende cet entretien somme toute très formel avec Elisabeth II, mais parce que les sondages sont décidément désespérants, nous explique notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

Non seulement les conservateurs et les travaillistes étaient restés jusque-là au coude-à-coude avec au maximum 34% des voix chacun, réalisant le plus faible score combiné depuis la Seconde Guerre mondiale, mais voilà que le parti travailliste vient de décoller, et mène pour l’instant avec 4 points de plus.

Ce sursaut, le parti travailliste le doit à la très bonne prestation de son dirigeant Ed Miliband, lors d’une première apparition croisée avec David Cameron à la télévision jeudi dernier. Il s’agissait donc d’une double interview suivie par 3 millions de téléspectateurs.

Faiseurs de roi

L’avance des travaillistes reste malgré tout légère et révèle toute la difficulté d’un scrutin qui n’a jamais été aussi incertain : à en croire les projections, ni les conservateurs ni les travaillistes n’obtiendront la majorité à eux seuls et devront, pour pouvoir gouverner, nouer des alliances avec les petits partis. Les Libéraux-démocrates, le Ukip antieuropéen, les Verts, les nationalistes gallois et surtout les indépendantistes écossais du SNP, en pleine ascension, vont jouer un rôle crucial. Ils se rêvent en faiseurs de roi, se contentant d’observer le duel entre travaillistes et conservateurs. Ainsi pour Nigel Farage, le dirigeant de Ukip, Ed Miliband fait preuve pour l’instant de plus de courage et d’humour que son adversaire.

Mardi 24 mars, à la Chambre des communes, David Cameron déclarait que les électeurs auraient à choisir le 7 mai prochain entre « la compétence et le chaos ». De son côté Ed Miliband se réjouissait à l’avance de son départ à la retraite. Il réagissait à l’annonce surprise quelques jours plus tôt du Premier ministre, du fait qu’il ne briguerait pas un troisième quinquennat en 2020.

Finie donc la politesse de façade, la campagne sera sans pitié et sans complaisance. Premier choc frontal jeudi 2 avril, lors d’un débat télévisé qui réunira 7 leaders remontés comme des pendules.

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