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Hongrie

En Hongrie, un scandale financier met en cause le gouvernement

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban entretient des liens douteux avec le PDG de la société Quaestor, accusée d'avoir vendu des titres fictifs, ici à Bruxelles en juin 2013.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban entretient des liens douteux avec le PDG de la société Quaestor, accusée d'avoir vendu des titres fictifs, ici à Bruxelles en juin 2013. REUTERS/Yves Herman

Des dizaines de milliers de Hongrois se demandent s’ils vont récupérer leurs économies. Ils ont investi leur épargne dans des sociétés de courtage peu scrupuleuses : ces sociétés ont maquillé leurs comptes et vendu des titres fictifs. La possible implication d'une partie du gouvernement dans ces opérations fait également polémique.

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Avec notre correspondante à Budapest,

C’est un énorme scandale financier qui a fait les gros titres de toute la presse hongroise. Trois sociétés de courtage sont concernées. Leurs dirigeants ont d’ailleurs été arrêtés et une enquête a été ouverte. L’une de ces sociétés, Buda-Cash, a maquillé ses comptes et volé l’argent de ses clients. Une autre, Quaestor, a vendu des titres fictifs.

C’est la Banque centrale qui autorise une société de courtage à émettre des titres pour un certain montant. Mais Quaestor a dépassé le plafond autorisé et a donc vendu de fausses valeurs. Ces deux sociétés étant sur le marché depuis longtemps, les Hongrois ne se sont pas méfiés. Au moins 50 000 personnes seraient victimes de fraudes et les pertes de ces clients sont estimées à 800 millions d’euros.

L'opposition accuse le gouvernement

Mais, si le scandale fait autant de bruit, c’est aussi parce qu’il y a une dimension politique : certains ministères avaient déposé des fonds auprès de la société Quaestor. Or, le Premier ministre Viktor Orban a demandé aux ministères de retirer tous les fonds publics de cette maison de courtage. Et il aurait fait cette demande le 25 février 2015 lors d’un Conseil des ministres, bien avant que les difficultés de Quaestor soient connues, un mois plus tard.

Est-ce que le gouvernement était au courant et a commis un délit d’initié ? C’est ce que pensent les partis d’opposition. Pour eux, le gouvernement aurait mis discrètement l’argent des ministères à l’abri, avant d’informer le public.

Relations douteuses entre un ministère et une société de courtage

Le PDG de Quaestor, qui a été arrêté le 29 mars, a toujours eu de bonnes relations avec tous les gouvernements et notamment avec l’actuel Premier ministre. Et le PDG est un ami de longue date du ministre des Affaires étrangères. Non seulement ce ministère a déposé des fonds chez Quaestor, mais il lui a confié d’autres tâches : à Moscou, si un citoyen russe veut un visa pour la Hongrie, il ne s’adresse pas au consulat mais à une entreprise privée, dont Queastor est l’un des propriétaires. Le ministère a aussi chargé une société privée de prospecter le marché russe pour les exportateurs hongrois. Une opération encore une fois gérée par Quaestor, qui, selon le ministère, ferait tout cela gratuitement.

Malgré ces informations, l’enquête qui a été ouverte concerne uniquement les activités criminelles des directeurs de ces sociétés. Il y a peu de chance que des hommes politiques soient inquiétés. En Hongrie, les plaintes contre les politiciens de droite, pour abus d’influence ou de fonds publics, sont systématiquement rejetées par le procureur de la République, qui est un fidèle de Viktor Orban. Le volet politique de cette affaire risque d’être enterré.

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