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Albanie

Kosovo: le rêve d’une «Grande Albanie» réveille les tensions

Edi Rama, Premier ministre albanais, ici avec un jeune portant un bonnet traditionnel albanais, lors d'une visite en 2014 à Presevo, ville de Serbie proche de la frontière avec le Kosovo.
Edi Rama, Premier ministre albanais, ici avec un jeune portant un bonnet traditionnel albanais, lors d'une visite en 2014 à Presevo, ville de Serbie proche de la frontière avec le Kosovo. AFP PHOTO / ARMEND NIMANI
Texte par : Laurent Rouy
3 mn

Le Premier ministre Albanais Edi Rama s'est prononcé la semaine dernière dans un entretien accordé à une télévision kosovare sur la « Grande Albanie ». Il a parlé de son souhait d'union du Kosovo et de l'Albanie, provoquant une polémique avec le voisin serbe, et de vives réactions de la part de l’Union européenne et des Etats-Unis.

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de notre correspondant à Belgrade

Le Premier ministre albanais était avec le ministre des Affaires étrangères du Kosovo, Hashim Thaçi, lorsqu’il a accordé une interview à une télévision kosovare, le lundi 6 avril dernier. Edi Rama a déclaré que l’unification du Kosovo et de l’Albanie avait deux alternatives : « La première passe par l’unification au sein de l’Union européenne suite à l’adhésion de l’Albanie et du Kosovo. Mais si l’UE continue de fermer la porte au Kosovo, les deux pays albanais seront obligés de s’unifier classiquement. »

Un « rêve dangeureux » selon la Serbie

Hashim Thaçi a ensuite expliqué que cette position n’était pas une menace envers l’Union européenne, mais une situation qui pourrait se réaliser si l’UE continuait à isoler le Kosovo. Le premier a réagir à cette déclaration a été, bien sûr, Aleksandar Vučić le Premier ministre serbe, qui a qualifié l’unification de l’Albanie et du Kosovo de « rêve dangereux » que Rama et Thaçi feraient mieux de « ne pas rêver ». Hashim Thaçi, qui était en visite en Croatie le lendemain, a dû revenir sur la déclaration lors d’une conférence de presse. Il a répondu que la déclaration de Rama avait été « mal interprétée ».

Edi Rama avait déjà montré de la sympathie pour ce que les Serbes appellent « la Grande Albanie ». Le mois dernier, il avait évoqué, d’une façon moins tranchée, le destin commun des deux pays. Mais cette fois, l’Union européenne a réagi à ses dernières déclarations. La Commission européenne a affirmé que les « provocations » dans le cadre des relations de bon voisinage étaient « inacceptables ». Le Parlement européen a évoqué des déclarations « déplacées » de la part d’Edi Rama. Les Etats-Unis ont également réagi. Mais Edi Rama n’est pourtant pas revenu sur ses déclarations et a même affirmé qu’il n’était « pas troublé par les critiques ».

Une unification défendue de part et d'autres de la frontière

Plusieurs autres forces politiques soutiennent cette unification albanaise, aussi bien en Albanie qu’au Kosovo. L’unification des Albanais au sein d’un même pays, cette idée aussi appelée « Grande Albanie », n’a pas de soutien formel à Tirana, même si l’ancien Premier ministre albanais, Sali Berisha, a pris plusieurs décisions qui ont abouti au rapprochement de facto de l’Albanie et du Kosovo.

A Pristina l’unification des deux pays est évoquée par le parti Autodétermination d’Albin Kurti. Vetevendosje, c’est le nom de ce parti, est le premier parti d’opposition au sein du Parlement du Kosovo. C’est un parti anti système, qui rejette le rôle de la communauté internationale au Kosovo et défend une ligne dure contre la Serbie. L’unification entre le Kosovo et l’Albanie n’est pas formellement inscrite à leur programme, mais il a été évoqué de nombreuses fois.

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