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Turquie

Le Parlement européen reconnaît le génocide arménien, colère d'Ankara

Le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan. Reuters/Stringer
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La Turquie a réagi vertement au vote du Parlement européen qui entérine la date du 24 avril comme date anniversaire et commémorative du génocide arménien de 1915, dont c’est le centenaire la semaine prochaine. L'UE qui appelle Ankara à faire de même et à poursuivre sur la voie de la réconciliation. Quelques jours après les déclarations du pape qui avaient déjà provoqué la colère de l’Etat turc, cette décision est violemment dénoncée par les dirigeants turcs.

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Les députés européens avaient déjà reconnu de longue date le génocide arménien, par une résolution de juin 1987, rappelle notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet. Ils proposent désormais d'instaurer une journée internationale de commémoration des génocides qui pour beaucoup d'entre eux pourraient être fixée au 24 avril, date du début en 1915 des rafles d'Arméniens à Istanbul.

C’est donc près de trente ans après leur reconnaissance officielle du génocide arménien que les députés européens ont pour leur part salué l'utilisation du qualificatif de génocide par le Pape dimanche dernier. Mais leur résolution vise surtout à inciter à une réconciliation entre la Turquie et l'Arménie. Selon eux, la Turquie devrait saisir l'occasion du centenaire du génocide pour aller jusqu'au bout du travail de mémoire.

Les députés européens se félicitent de ce que le Président et le Premier ministre turc ont décidé de reconnaître les atrocités et de présenter leurs condoléances, mais ils leur demandent de faire un dernier pas dans la bonne direction pour se réconcilier avec leur propre passé. Selon le Parlement européen, la Turquie devrait inventorier le patrimoine culturel arménien détruit, ouvrir les archives de cette période et surtout reconnaître le génocide.

Communiqué virulent

Cette résolution du parlement n'est en rien contraignante, mais elle pourrait ouvrir la porte à de nouvelles tensions entre l'Union européenne et la Turquie, et entraver plus encore les négociations d'adhésion à l'UE ouvertes il y a dix ans et qui sont actuellement au point mort.

Le président Erdogan avait, en effet, prévenu à l’avance que la décision du Parlement européen serait pour lui nulle et non avenue, et on aurait pu penser que la réponse de la Turquie s’arrêterait là ; mais il n’en a rien été, et la virulence du communiqué du ministère turc des Affaires étrangères est surprenante, tant elle dépasse tous les échanges d’amabilités passés entre Ankara et la représentation européenne. Un Parlement, dit ce texte, « connu pour multiplier les obstacles au rapprochement Turquie-Union européenne, et qui réitère là sa volonté de réécrire l’Histoire », rapporte notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion.

Cette résolution adoptée mercredi soir « reproduit les clichés anti-turcs de la propagande arménienne », et fait la même erreur qu’auparavant, en étant incompatible avec la législation internationale et même en outrepassant ses prérogatives.

C’est pourquoi ce texte ne sera pas pris au sérieux, dit encore le communiqué, qui souligne le peu de légitimité d’un Parlement élu avec seulement 42% de participation l’an dernier et qui va à l’encontre des valeurs de réconciliation de l’Europe. La Turquie a achevé son travail de mémoire, finit le texte, qui appelle l’Arménie à faire de même.

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