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UE / Migration

Sommet extraordinaire sur les migrants: les ONG n’y croient pas

Des migrants à bord du navire italien «Chimera» dans le port de Salerne, le 22 avril 2015.
Des migrants à bord du navire italien «Chimera» dans le port de Salerne, le 22 avril 2015. REUTERS/Ciro De Luca
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Un sommet européen extraordinaire se tient ce jeudi pour répondre dans l'urgence aux naufrages de migrants qui se sont multipliés des deux dernières semaines en Mediterrannée. Les chefs d'Etat et de gouvernement des 28 pays membres de l'Union européenne doivent examiner dix mesures, présentées par la Commission européenne. Des ONG réclament la mise en place de mesures humanitaires.

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C'est la principale mesure qui sera sur la table de ce sommet européen extraordinaire : doubler les moyens financiers de Triton, cette mission de surveillance de la mer Méditerranée qui a succédé à l'automne dernier à l'opération italienne Mare Nostrum. Avec ses moyens renforcés, Triton pourrait agir sur une zone plus large que celle qui lui est assignée actuellement, et elle pourrait participer plus activement aux opérations de secours, lorsque ses navires se trouveront à proximité d'un naufrage.

Les Vingt-Huit envisagent également, sur proposition italienne, une mesure plus audacieuse de capture et de destruction des bateaux utilisés par les trafiquants. Enfin, un projet pilote de répartition sur le territoire européen de 5 000 demandes d'asile sera, lui aussi, au programme. Le chiffre paraît dérisoire au regard des 35 000 personnes qui ont déjà tenté de franchir depuis le début de l'année la mer Méditerranée.

Amnesty dénonce les «naufrages de la honte»

Les ONG de défense des droits de l'homme ont d'ores et déjà dénoncé des mesures insuffisantes à leurs yeux pour répondre à la tragédie que constituent les naufrages de migrants.Certaines doutent même de la volonté réelle des dirigeants européens de réviser leurs politiques en la matière. Dans un rapport dénonçant les « naufrages de la honte » publié ce mercredi, Amnesty International réclame à l'Union européenne des mesures concrètes, en particulier le lancement immédiat d'une opération humanitaire internationale.

Les mesures proposées par l'UE restent largement insuffisantes, selon Jean-François Dubost, responsable des personnes déracinées à Amnesty International France : « Ce que nous déplorons cruellement dans ces dix points, c’est qu’il n’y a absolument rien sur le sauvetage des vies en mer. Il est question de renforcer l’opération Triton dans le cadre de l’agence Frontex, or aujourd’hui ce mandat de l’agence Frontex ne couvre pas le sauvetage et la vie en mer. Alors soit la Commission européenne joue sur les mots, soit elle a oublié la notion de sauvetage de vie en mer, soit alors il s'agira alors aux chefs d'Etat de rectifier le tir. C’est ce que nous attendons aussi aujourd’hui. »

Les navires commerciaux changent de route

Depuis le début 2014, près de 1 000 navires commerciaux ont été obligés de se détourner de leur trajectoire en Méditerranée pour porter secours à des embarcations chargées de migrants, ce qui ne va pas sans poser de problèmes, selon Jean-François Dubost : « Les navires commencent à changer leur route, abandonnant les trajectoires où ils seraient susceptibles de pouvoir porter secours à des migrants. Ils aggravent ainsi la situation en Méditerranée. De plus, ces navires commerciaux ne sont absolument pas équipés, formés et habitués à procéder à des opérations de sauvetage. »

L’Union européenne rechigne à financer les opérations de secours de peur que cela n'encourage les traversées vers l'Europe. « Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que si ces personnes viennent, ce n’est pas parce qu’elles vont être sauvées en mer, c’est parce qu’elles espèrent qu’en traversant la Méditerranée, elles vont sauver leur vie », souligne Geneviève Garrigos, la présidente d'Amnesty International France.

Selon Amnesty International, le remplacement de l’opération de la marine italienne Mare Nostrum par l’opération européenne Triton fin 2014 a contribué à accroître le nombre de migrants morts en mer. Près de 1 700 personnes ont péri depuis janvier, soit cent fois plus qu’au cours de la même période l’année dernière.

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