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Royaume-Uni

Royaume-Uni: David Cameron devra composer avec l'Ecosse

La Premier ministre écossaise Nicola Sturgeon ne veut pas entendre parler d'une sortie britannique de l'UE.
La Premier ministre écossaise Nicola Sturgeon ne veut pas entendre parler d'une sortie britannique de l'UE. REUTERS/Russell Cheyne
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Bien que réélu à la majorité absolue, David Cameron et son parti ont subi un cuisant désaveu en Ecosse où l’envie de sécession perdure. Le Premier ministre britannique devra faire des concessions à Edimbourg alors que d’autres régions aussi veulent plus d’autonomie.

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Le Parti nationaliste écossais (SNP), revigoré contre toute attente par sa courte défaite au référendum d'indépendance il y a huit mois, a raflé 56 des 59 sièges en Écosse, opérant une véritable razzia dans une contrée considérée voici peu comme un fief travailliste imprenable. Face à un tel raz-de-marée, David Cameron a aussitôt réaffirmé sa volonté d'accorder plus de responsabilités aux gouvernements régionaux du Royaume-Uni.

« En Écosse, notre plan est de créer le gouvernement décentralisé le plus fort du monde avec d'importants pouvoirs en matière d'imposition », a promis le Premier ministre réélu plus facilement que prévu lors d'un discours devant le 10, Downing Street juste après avoir été reconduit dans ses fonctions par la reine Elizabeth II.

Un « Scoxit » n’est pas à exclure

Côté écossais, Nicola Sturgeon, la Premier ministre de la région autonome septentrionale, avait jusqu’ici assuré que ses demandes prioritaires portaient sur des pouvoirs accrus en matière de maîtrise des finances, soulignant que la question de l'indépendance n'était plus à l'ordre du jour. Mais après leur triomphe, l'appétit des indépendantistes risque d'être aiguisé.

Tony Travers, expert de la London School of Economics (LSE) interrogé par l’Agence France-Presse, n'a pas l'ombre d'un doute sur le sujet: « l'indépendance reste l'objectif ultime des nationalistes », a-t-il assuré. « Les nationalistes du SNP ont perdu une bataille mais ils ont gagné la guerre », a confirmé Kate Jenckins, une autre experte à LSE.

Quant à la question d’un éventuel « Brexit » (contraction de « Britain » et « exit », autrement dit une sortie du Royaume Uni de l’UE après référendum), il pourrait déboucher sur un « Scotxit » écossais. Nicola Sturgeon, europhile convaincue, a en effet déjà prévenu qu'une sortie britannique de l'UE serait une condition suffisante pour reposer la question de l'indépendance.

Le Royaume désuni

Inspirés par le SNP, les nationalistes gallois du Plaid Cymru se sentent à leur tour pousser des ailes. Ils ont amélioré leur score à 12 % dans la plus déshéritée des quatre nations constitutives du Royaume-Uni qui, outre l'Écosse, comprend aussi l'Angleterre et l'Irlande du Nord.

Leanne Wood, 43 ans, leur dirigeante républicaine qui s'entête à appeler « Mme Windsor » la reine Elizabeth II, a brisé un tabou l'an dernier en signifiant qu'elle trouverait « normal » que le Pays de Galles accède à l'indépendance, alors que l'idée était jusqu’alors embryonnaire.

Les aspirations à Edimbourg et Cardiff s'accompagnent d'une envolée des revendications en faveur d'une délégation accrue des pouvoirs en Irlande du Nord ainsi que dans les grandes métropoles, à commencer par Manchester et Liverpool.

(Avec AFP)

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