Macédoine

De troublants incidents armés dans une Macédoine en crise

Les affrontements ont duré toute la journée à Kumanovo, une ville du nord de la Macédoine.
Les affrontements ont duré toute la journée à Kumanovo, une ville du nord de la Macédoine. REUTERS/Ognen Teofilovski

En Macédoine, 8 policiers ont été tués et 37 autres blessés dans des accrochages avec « un groupe armé venu d'un pays voisin », selon les autorités macédoniennes. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Ivo Kotevski, a également fait état de 14 « terroristes » tués. Comme il y a dix jours, le gouvernement évoque des incidents ethniques. Mais dans un contexte de confrontation, ces nouvelles violences posent des questions. Car le pays traverse une crise politique profonde depuis le début de l'année et le gouvernement est accusé de tous les maux.

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Avec notre correspondant à Belgrade, Laurent Rouy

Les échanges de tirs entre la police et un groupe armé ont duré toute la journée de samedi à Kumanovo, une ville du nord de la Macédoine. Le feu a été si intense qu’une grande partie de la population a fui le quartier. Certains se sont même réfugiés en Serbie voisine.

En fin de journée, les membres du groupe armé se seraient rendus à la police, qui dit avoir arrêté 25 personnes. Le dernier bilan de la police, ce dimanche 10 mai, fait état de 22 morts, dont 8 policiers macédoniens et 14 assaillants présumés albanais, tués dans les affrontements. Les assaillants seraient des séparatistes albanophones qui auraient voulu attaquer le gouvernement et seraient venus d’un pays voisin.

Si les échanges de tirs ont bien eu lieu, toute l’affaire pose énormément de questions. Depuis plusieurs semaines, la Macédoine est agitée de protestations contre le gouvernement, accusé de népotisme et de corruption. Par le passé, le VMRO, le parti nationaliste au pouvoir, a déjà tenté d’influencer l’opinion en organisant de faux incidents armés. L’opposition dénonce une mise en scène d’un gouvernement aux abois.

Ce dimanche 10 mai, les tirs ont repris à Kumanovo alors que des hélicoptères des forces de l'ordre survolaient les lieux. Des troupes d'élite portant des gilets pare-balles et des véhicules blindés sont positionnés autour d'un quartier à majorité albanaise musulmane. La presse locale citée par l'AFP fait état d'un bilan plus lourd que celui des déclarations officielles ; la police refuse de commenter ces affirmations « tant que l'opération est en cours ».

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