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Belgique / Terrorisme

Belgique: l’avant et l’après attentat au Musée juif de Bruxelles

Des citoyens déposent des bougies devant l'entrée du Musée juif de Bruxelles, un an après l'attentat qui a causé la mort de quatre personnes.
Des citoyens déposent des bougies devant l'entrée du Musée juif de Bruxelles, un an après l'attentat qui a causé la mort de quatre personnes. AFP PHOTO / BELGA / NICOLAS MAETERLINCK
Texte par : Quentin Dickinson
3 mn

Il y a un an, l'attentat sanglant contre le Musée juif de Bruxelles provoquait consternation et colère dans le monde entier. Dimanche, une cérémonie de commémoration s'est tenue sur les lieux mêmes du drame.

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De notre correspondant à Bruxelles,

Le drame s’est déroulé le samedi 24 mai 2014. Il est 13h17 lorsqu'un homme seul s'arrête devant la porte du 21, rue des Minimes à Bruxelles. Il porte deux sacs. Du premier, il sort un révolver et fait feu, tuant deux quinquagénaires israéliens, venus là en touriste. Il s'avance alors, enjambe les corps de ses victimes, et extrait un pistolet-mitrailleur à crosse pliable de l'autre sac. Il tire à nouveau, abattant un salarié belge du Musée et une bénévole française.

L’homme prend alors la fuite, à pied, non sans avoir filmé l'ensemble de cette scène d'horreur au moyen d'une caméra fixée à la bandoulière de l'un de ses sacs. Six jours plus tard, un contrôle de routine à la gare routière de Marseille, dans le sud de la France, permet l'arrestation du tueur, toujours porteur de son arsenal.

L'homme s'appelle Mehdi Nemmouche. Il a 30 ans, est né à Roubaix, dans le nord de la France, et possède la double nationalité franco-algérienne. Il s'agit d'un petit délinquant, maintes fois condamné, qui s’est radicalisé en prison. Au fil de l'enquête, l'on apprendra notamment qu'il avait rejoint une organisation jihadiste en Syrie, où il servait de geôlier à des otages européens.

Une commémoration volontairement discrète

C'est une commémoration volontairement discrète qu'ont organisé les responsables du Musée et des associations juives un an jour pour jour après l’attentat : pas de chants, juste la lecture du nom des quatre victimes et un étalage de petites bougies, symboles à la fois de la mémoire collective, de la fragilité de la vie, et de l'espoir.

Quelques centaines de personnes seulement étaient présentes, contrairement aux grandes marches qui avaient marqué les semaines qui avaient suivi l'attentat. Et, surtout, la polémique autour de la récupération de l'émotion générale par les ténors de la classe politique s'est estompée. Chacun a salué la présence du Premier ministre Charles Michel et de représentants des institutions parlementaires.

Un électrochoc dans l’opinion belge

Cet attentat a fait l'effet d'un électrochoc dans l'opinion belge. Il y a un avant et un après l'attentat du Musée juif. Jusque-là, la Belgique avait connu quelques faits divers sanglants, dont le plus tristement célèbre fut l'affaire dite des Tueurs fous du Brabant, dans les années 1980 - une série de braquages sanglants qui eurent lieu principalement dans la province de Brabant. Mais depuis lors, la vigilance publique comme privée s'était relâchée, et seuls faisaient l'objet de protection permanente quelques bâtiments liés à la communauté israélite ainsi que les ambassades de pays sensibles.

Depuis un an, les Belges ont appris à connaître une ambiance que leurs voisins connaissent bien, celle de plans de style Vigipirate. Aujourd'hui, l'armée belge est dans les rues, elle patrouille, elle monte la garde permanente devant la majeure partie des bâtiments publics et des institutions européennes, et les camions militaires bâchés font désormais partie du paysage urbain.

Mais les Belges, dans leur ensemble, acceptent à des degrés différents de résignation cette présence, signe d'une époque où n'importe où et à n'importe quel moment, le pire est toujours possible.

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